Hôtellerie et restauration à Agadir L’emploi en perte de vitesse

Hôtellerie et restauration à Agadir L’emploi en perte de vitesse

11% de besoins de recrutement en 2016 contre 22% en 2015
Intérim et CDD, statuts controversés
 

Les besoins de recrutement pour 2016 dans le secteur touristique pour la région de Souss Massa Drâa seront de 369 sur un total de 9424 emplois. C’est ce qui ressort de l’enquête de la veille sur le marché de l’emploi réalisée par l’Anapec pour l’exercice de 2016. Le tourisme ressort ainsi, en troisième position, à seulement 11% du total des besoins emploi contre 22% dans l’enquête prévisionnelle précédente. Comment expliquer ce recul dans les besoins? «Il y a une corrélation directe entre l’activité touristique et l’emploi. Si les besoins ont baissé, c’est que les employeurs n’ont pas besoin de recruter» explique Mahfoud Chafik Filali, président de l’Association de l’industrie hôtelière d’Agadir (AIHA). Le déclin de l’activité hôtelière qui se creuse d’année en année dans la région Agadir SMD n’impacte pas uniquement sur le chiffre d’affaires du secteur et l’attractivité de la destination. Il engendre un effet automatique sur l’emploi. Dans le détail, le marché de l’emploi dans l’hôtellerie et restauration à Agadir SMD aura besoin de 143 serveurs, 124 commis de cuisine et 102 cuisiniers. Bien que ces profils existent dans les cursus de formation hôtelière, le manque persiste toujours. Ce manque dans les qualifications pose la question sur les cursus de formation, mais aussi sur le déploiement des lauréats après les études. En l’absence d’études ou de statistiques officielles, il est difficile de répondre à cette question, même auprès des employeurs. Cette conjoncture va encore plus loin. «La saisonnalité et le manque de visibilité ne permettent pas d’asseoir un statut économique stable pour le tourisme dans la région» explique un responsable dans un cabinet de recrutement. En effet, les employeurs, en manque de visibilité, ne peuvent pas se permettre de s’investir dans des contrats de travail de longue durée. Ils font appel dans ce cas à des formules «souples» comme les CDD ou l’intérim. Ces contrats de travail «souples» comblent les besoins ponctuels sans avoir de charges sociales lourdes. Néanmoins, «Ce modèle d’emploi reste légitime compte tenu des caractéristiques de l’activité touristique. Mais des solutions existent pour améliorer cette situation et la rendre plus viable pour les employés» note Badr Almajdi, consultant RH. En effet, un contrat CDD annuel, par exemple, pourrait minimiser l’instabilité. Sommairement, étant donné que ce type de contrat ne peut être renouvelé qu’une seule fois, la solution est de mettre d’accord un ensemble d’employeurs afin de garantir la rotation d’un employé sur l’année. De cette manière l’employé ne cumule pas les jours de chômage, et l’employeur bénéficie de la souplesse de la formule. Certes cette formule a ses limites, mais en l’absence d’alternatives, la conjoncture risque de toucher profondément l’emploi dans le secteur.

Une politique RH pour le tourisme

\"agadir\"

 

Arriver à fidéliser l’employé et le faire adhérer à la politique RH devient donc un challenge avec le caractère saisonnier du tourisme marocain. Une caravane de GIAC hôtellerie pour sensibiliser sur l’importance de la formation continue du personnel hôtelier s’est déroulée dans plusieurs régions du Maroc dont Agadir entre avril et mai 2015. Le Centre régional d’investissement de Souss Massa Drâa a organisé également en juin en partenariat avec le cabinet  de recrutement et de suivi Levier RH, une rencontre de sensibilisation sous le thème «Le capital humain comme levier de compétitivité pour les entreprises». Ces initiatives sont à louer certes. Mais on ne peut parler de formation continue alors que le salarié ne constitue pas une valeur sûre pour l’établissement.

Le 13 août 2015
SOURCE WEB Par L’économiste
Tags : Les besoins de recrutement pour 2016 dans le secteur touristique pour la région de Souss Massa Drâa seront de 369 sur un total de 9424 emplois- le marché de l’emploi réalisée par l’Anapec- Chafik Filali, président de l’Association de l’industrie hôtelière d’Agadir (AIHA)- la région Agadir SMD- le chiffre d’affaires du secteur et l’attractivité de la destination- l’emploi dans l’hôtellerie et restauration à Agadir SMD- Badr Almajdi, consultant RH- Une politique RH pour le tourisme- Une caravane de GIAC hôtellerie pour sensibiliser sur l’importance de la formation continue du personnel hôtelier- Souss Massa Drâa-