Le ministre Haddad veut son low cost L’oisillon ne prend pas son envol

Le ministre Haddad veut son low cost   L’oisillon ne prend pas son envol

Le ministre du tourisme, Lahcen Haddad, a, vraiment le don de nous surprendre à chaque fois qu’il parle où qu’il émet une idée que ce soit en public ou dans ses multiples réunionites. On s’est tellement habitué à ses incartades de …jeunesse que l’on a cru cerner ses dérapages dans des limites bien définies. Sauf que personne ne s’attendait à sa dernière trouvaille qu’il a étalée avec fierté lors d’une réunion conjointe entre le ministère du Tourisme et l’ANIT (Association Nationale des Investisseurs Touristiques) Attachez vos ceintures ! Le commandant Haddad va décoller avec l’avion de la compagnie low cost marocaine qu’il a créée.

Dans son esprit s’entend. Mais l’idée a bel et bien germé dans sa tête qu’il a demandé aux dirigeants de l’ANIT et l’ONMT de créer conjointement une compagnie aérienne low cost. On ne sait pas quelle mouche a piqué le ministre pour avoir cette conviction bien ancrée que l’ANIT et le ministère du tourisme sont capables de créer une compagnie aérienne. L’ANIT n’arrive même pas à progresser dans ses activités d’accompagnement des projets touristiques, l’ANIT était en train de perdre les pédales mais un espoir se dessine, le créateur de cette association et grant professionnel du tourisme, M. Fouad Chraïbi que nous connaissons depuis 40 années reprend l’ANIT en main pour lui donner ses lettres de noblesse. D’ailleurs depuis sa création, cette association s’est distinguée surtout par la succession stérile des présidents et l’unranité des actions.

Quand à l’ONMT qui a longtemps pataugé dans les marais de la mauvaise gestion, elle a commencé à peine à redresser la tête pour accomplir sa mission principale : la promotion. C’est dire que la suggestion du ministre relève vraiment de la fiction, si ce n’est de l’ignorance totale d’une activité aussi complexe que l’aérien. Commençons par le commencement avec quel argent le ministre veut créer une compagnie de cette envergure quand on sait que le prix moyen d’un avion commercial moyen varie entre 40 et 50 milliards de nos centimes ? Le banquier, qui est par définition, très méticuleux sur les garanties demandera la caution de l’Etat.

Or le gouvernement qui court après l’austérité, ne garantira aucunement l’aventure Haddadienne. Et puis franchement admettons que l’argent soit disponible, que le gouvernement donne son accord, qui s’occupera d’une logistique aussi lourde et d’une exploitation aussi complexe et qui, en plus, requiert des compétences très affutées.

Sans oublier l’essentiel dans tout cela qui est la rentabilité dans un environnement où la compétitivité bat son plein. Celle-là même qui a joué un très mauvais tour, à des gens pourtant du métier comme ceux de la défunte Atlas Blue, filiale de surcroit de la célébrissime RAM. Celle–là même, aussi, qui a failli faire faillite si ce n’est que l’Etat est venu à son secours avec une grosse manne d’argent et un plan de licenciement massif.

C’est dire qu’il est préférable que le ministre cesse de rêver pour revenir à son programme qui lui va bien comme un costume bien taillé : Haddad présente bien dans les salons internationaux de tourisme où il se meut comme un poisson dans l’eau, rencontre la presse et cumule des photos qu’il publiera dans ses multiples comptes de réseaux sociaux.

Le 17 Novembre 2015
SOURCE WEB Par La Vie Touristique

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