Cinéma marocain le nouvel âge dor

Cinéma marocain le nouvel âge dor

Les films marocains sont enfin prophètes en leur pays. Les longs-métrages des réalisateurs de la “nouvelle vague marocaine” rencontrent de plus en plus leur public dans les salles obscures du Royaume. Zéro, film de Noureddine Lakhmari sorti en décembre dernier, approche les 200.000 entrées en deux mois d\'exploitation. Ce record d\'affluence tend à battre celui des 255.000 entrées du premier volet de la trilogie casablancaise du réalisateur de Casanegra. Les comédies ne sont pas en reste, avec l\'exemple marquant de Road to Kabul qui a dépassé les 250.000 entrées dans nos salles. Ce succès est favorisé par le fait que ce road-movie hilarant, relatant le voyage d\'apprentissage de quatre amis jusqu\'en Afghanistan pour retrouver un des leurs, squatte l\'affiche depuis près d\'un an. Les raisons de ces succès au box-office auprès du public marocain sont multiples. Mais on doit, en premier lieu, mettre en avant le courage et l\'audace de la “nouvelle vague” de cinéastes marocains, Laïla Marakchi, Noureddine Lakhmari, Nabil Ayouch en tête. Fini en effet les films ennuyeux et timides. Ces cinéastes prennent les problèmes de société à bras le corps et parlent du Maroc contemporain. Ils s\'emparent même souvent de sujets tabous dans notre société. Le public ne peut que répondre présent et se délecter des dialogues crus et violents, des images-chocs et décrivant la réalité que propose la génération 2000 de notre 7e art. Les blockbusters américains sont ainsi relégués comme second choix des spectateurs marocains. Et la jeunesse du pays dont les attentes cinématographiques grandissent ne s\'y trompe pas. C\'est aussi un des aspects de ce regain d\'intérêt pour les productions nationales: la qualité des films de la “nouvelle vague” n\'a plus rien à envier au savoir-faire hollywoodien ou indien. Longtemps techniquement pauvre, le cinéma marocain connaît aujourd\'hui un âge d\'or: la mise en scène est devenue élégante et juste, les dialogues incisifs sont ancrés dans le quotidien, et la qualité générale des films s\'en ressent. Noureddine Lakhmari soulignait récemment que le cinéma marocain avait “passé l\'épreuve de la quantité pour s\'atteler dorénavant à la qualité”. D\'où le succès de nos représentants à de nombreux festivals internationaux. D\'ailleurs lors du dernier FIFM, Jonathan Demme (oscarisé pour Le silence des agneaux et Philadelphia) nous confiait avoir été “impressionné par la grande qualité des films marocains récents, sur le plan esthétique mais aussi du jeu des acteurs et de la technique”. Il reste évidemment beaucoup d\'améliorations à apporter à notre industrie cinématographique, notamment en terme de distribution et d\'accès aux spectateurs. Mais une tendance prend résolument forme, et la sortie, hier dans les salles du Royaume, du très prenant Les chevaux de Dieu de Nabyl Ayouch, ne viendra pas la démentir. Bonne toile ! SOURCE WEB Par Mathieu Catinaud aufait Maroc