Durabilité de la pêche en Méditerranée : Le Maroc réaffirme son engagement

Durabilité de la pêche en Méditerranée : Le Maroc réaffirme son engagement

Protection sociale dans le secteur de la pêche artisanale, lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN), durabilité de la pêche en Méditerranée…

autant de sujets qui ont été abordés lors de la conférence de haut niveau sur les initiatives MedFish4Ever organisée par la Commission générale des pêches pour la Méditerranée (CGPM) le 12 juin 2019 à Marrakech. Et pour cause, le danger qui guette la Méditerranée est bien réel. Cette mer partagée entre plusieurs Etats fait face à de sérieuses menaces sur ses ressources (surpêche, changement climatique…).

Ainsi, deux ans après l’adoption de la déclaration ministérielle sur la pêche en Méditerranée prononcée à Malte le 30 mars 2017, cette conférence fait le point sur les progrès réalisés par rapport aux objectifs de la déclaration, renouvelle les engagements des pays signataires (dont le Maroc) tout en appelant à la continuité des efforts pour sauver la Méditerranée. «Notre rencontre s’inscrit dans le contexte de la transition actuelle qui engage nos sociétés autour des enjeux de l’environnement, de la sécurité alimentaire, de la lutte contre la pauvreté et au développement social, en prenant en considération les effets avérés du changement climatique», souligne Aziz Akhannouch lors de cette conférence précisant qu’en portant toute l’attention requise au développement économique et social au sous-secteur de la pêche artisanale, l’ambition serait d’assurer l’autonomisation des communautés des pêcheurs artisanaux et de faire en sorte que celles-ci puissent jouir de leurs droits fondamentaux.

Un pas franchi et des actions futures dans le pipe

Renforcement des moyens de la recherche scientifique halieutique, surveillance des navires de pêche par VMS (Vessel Monitoring System), mise en place de plans d’aménagement des pêcheries, création d’aires marines protégées, élimination des filets maillants dérivants sont quelques-unes des mesures prises par le Maroc pour assurer une meilleure durabilité pour la pêche. En termes d’engagements futurs, la Conférence de haut niveau autour de l’initiative Ceinture bleue qui s’est tenue en marge de la 5ème édition du Salon Halieutis à Agadir en février 2019 a appelé à la mise en place de mécanismes institutionnels et financiers pour la concrétisation des objectifs de cette initiative qui renforcerait la création d’emplois bleus, la sécurité alimentaire, la préservation des écosystèmes marins et l’adaptation au changement climatique. Elle vise aussi à investir dans l’économie bleue et plus particulièrement la pêche et l’aquaculture durables, innovantes et protectrices des océans. Globalement, la stratégie Halieutis a permis de développer et de sécuriser les énormes potentialités et contribuer durablement à l’essor économique et social. Elle a également permis au Maroc d’honorer ses engagements dans le cadre de la déclaration ministérielle prononcée à Malte le 30 mars 2017, à en croire la tutelle.

Sauver la Méditerranée : Ce qu’il faut savoir sur la Déclaration MedFish4Ever

Signée en mars 2017, cette déclaration est un engagement commun pris par les Etats de la région de la Méditerranée en vue d’améliorer la gestion et la gouvernance des pêches dans les dix prochaines années. Les 16 parties signataires (Albanie, Algérie, Bosnie-Herzégovine, Croatie, Chypre, France, Grèce, Italie, Malte, Monaco, Monténégro, Maroc, Slovénie, Espagne, Tunisie et Turquie, ainsi que l’UE) s’engagent à apporter une solution collective face aux menaces auxquelles sont confrontés les stocks de poissons dans l’ensemble de la Méditerranée.

Dans le détail, elle vise à assurer la collecte de données appropriées pour tous les principaux stocks de la Méditerranée afin de permettre des évaluations scientifiques régulières ainsi que d’établir des plans de gestion pluriannuels pour toutes les principales pêcheries d’ici à 2020 et mettre en œuvre un plan régional de capacité de la flotte. Cette déclaration prend enfin l’engagement d’établir des zones de pêche réglementée et des aires marines protégées en assurant une protection efficace d’au moins 10% de la Méditerranée d’ici à 2020. Outre ces objectifs, cet engagement porte sur la lutte contre la pêche illicite.

L’avenir de la coopération maroco-espagnole dans le secteur

Le 12 juin 2019, une rencontre bilatérale entre Aziz Akhannouch, ministre de l’agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, et Luis Planas Puchades, ministre espagnol de l’agriculture, de la pêche et de l’alimentation, s’est tenue en marge de la conférence de haut niveau sur les initiatives MedFish4Ever.

Au programme de cette rencontre : le nouvel accord de pêche entre le Maroc et l’Union européenne. Après son adoption au Conseil des ministres le 4 juin, celui-ci devrait être validé par le Parlement marocain. Lors de cette réunion, les deux responsables ont discuté des développements futurs de la coopération en matière d’activité de pêche de la flotte espagnole dans les eaux marocaines.

Les deux ministres ont également souligné l’importance d’assouplir les procédures d’exportation des produits de la pêche. Ils ont évoqué la coopération en matière de recherche dans le domaine phytosanitaire. Partant de là, les deux parties se sont engagées à explorer les moyens d’assurer un contrôle strict pour le respect des normes internationales en termes de pêche. Enfin, l’occasion était également d’aborder l’accostage le 1er juillet 2019 du bateau de coopération en matière de pêche «Intermares» dans les eaux marocaines. Notons que ce navire appartenant au ministère espagnol de l’agriculture, de la pêche et de l’alimentation va accoster à Nador pour une durée de 5 semaines. Il a pour principale mission la formation nautique à la pêche ainsi que la formation technique.

Le 14/06/2019

Source web Par Aujourd'hui le Maroc

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