Adil Douiri : "C'est l’emploi qui doit être la priorité de la stratégie de relance"

Adil Douiri :

INTERVIEW. Fondateur du groupe industriel Mutandis et ancien président de l’Alliance des économistes istiqlaliens, Adil Douiri estime que la priorité dans cette phase de relance est la sauvegarde de l’emploi et du pouvoir d’achat des ménages. Ce qui passe par un grand soutien aux entreprises, au delà des produits de financements proposés jusque-là par les banques et l’Etat.

Développeur d’entreprises et ancien président de l’Alliance des économistes isitiqlaliens, Adil Douiri nous parle dans cet entretien de la relance de l’économie marocaine, des contraintes et des opportunités que le Maroc peut tirer de cette crise.

Dans cette phase, la priorité selon lui est de sauvegarder les emplois et les revenus des ménages. Et cela passe obligatoirement par le soutien aux entreprises.

L’Etat a selon lui bien géré ces deux volets pendant la durée de confinement, mais doit redoubler d’efforts pour la phase de relance.

Les crédits « Damane Relance » lancés par les banques sous garantie de l’Etat restent insuffisants selon lui pour éviter les faillites en cascade et l’envolée du chômage. Et ce en raison de la sous-capitalisation de la grande majorité des entreprises, les PME notamment.

L’Etat doit activer selon lui, en plus de ces produits de crédits, un nouveau mécanisme qui vise à renforcer les fonds propres des entreprises, dont la majorité souffraient de problèmes de sous-capitalisation avant même la crise. Il propose pour cela le montage d’un produit financier innovant, alignant des mécanismes de dettes sur le long terme qui peuvent être assimilées à des fonds propres.

Sur le plan macro, celui qui était également ministre du Tourisme sous le gouvernement Jettou (entre 2003 et 2007) pense que l’Etat a les moyens de financer cette phase où le déficit budgétaire s’envolera. Il affiche également un ton optimiste quant au risque d’assèchement des réserves en devises du pays et affirme que Bank Al-Maghrib et l’Etat ont bien géré jusque-là ce volet.

Mais M. Douiri pense qu’il faudra désormais s’attaquer aux causes structurelles de ce déficit chronique de la balance des biens et services. En s’appuyant essentiellement sur le tourisme, mais aussi et surtout sur différentes branches industrielles qui affichent un grand potentiel de développement.

Des niches à développer davantage pour résorber à la fois le déficits de la balance des biens et services et pour mettre le pays sur la voie de l’émergence. Et il s’aligne sur cela complètement sur la stratégie que veut dérouler le ministre de l’Industrie Moulay Hafid Elalamy, qui consiste à mettre en place une politique d’import-substitution, à protéger l’industrie locale quand les jeux du libre échange sont faussés, et à continuer à promouvoir les industries et services à l’export comme l’automobile, l’aéronautique, les engrais, l’offshoring

-Nous sommes à quelques jours du déconfinement total de la population et de l’économie. Et la grande question qui se pose, en l’absence d’un plan de relance clairement affiché par les pouvoirs publics, c’est comment redémarrer l’économie et rattraper les pertes subies en cette période de confinement ?

-En matière de politique publique et notamment s’agissant de la relance après la période d’arrêt de l’économie, il est primordial de hiérarchiser ses objectifs. Que cherche-t-on à faire ? Quel est le super objectif au-dessus de tous les autres ?

Il me semble que c’est l’emploi. Maintenir les emplois qui prévalaient au mois de janvier et février 2020, à la veille de l’arrêt de l’économie, est l’objectif prioritaire. Qui dit emploi, formel ou informel (journaliers, marchands ambulants, gardiens de voitures…), dit préservation d’un certain revenu.

Si l’on doit arbitrer entre le nombre de citoyens marocains qui perçoivent un revenu et le niveau précis de revenu de chacun, l’arbitrage est en faveur du nombre de personnes percevant un revenu. L’idéal étant bien sûr de préserver les deux si possible.

Pendant le confinement, le comité de veille économique (CVE) a fait un travail absolument remarquable. Il a préservé une forme de revenu pour les emplois formels dont l’employeur était forcé de fermer et une forme de revenu pour les emplois informels (c’est-à-dire sans employeur identifié). En même temps, il a mis en place une injection de trésorerie temporaire pour permettre aux employeurs (entreprises) de tenir pendant quelques mois.

N’oublions pas que la fermeture définitive d’une entreprise ou d’un commerce entraîne avec elle une cascade de difficultés pour ses fournisseurs et partenaires, sans parler des emplois directs définitivement perdus.

Aujourd’hui, nous sommes à la fin du confinement, après une gestion exemplaire de la crise sanitaire par notre pays, grâce au leadership de notre souverain et de la gouvernance rapide et efficace qui s’en est suivie.

-Relancer la machine demande des moyens publics astronomiques. La CGEM parle d’au moins 80 à 100 milliards de dirhams d’argent à injecter dans l’économie. Bank Al Maghrib prévoit d’ailleurs la montée du déficit budgétaire à 7,6%. Le niveau d’endettement public pourrait flirter avec les 100% du PIB... Comment gérer la relance sans tomber dans le piège des années 1980 et du PAS…?

-Une banque que je connais bien, CFG Bank, a publié le 18 mai dernier une note sur les impacts macroéconomiques de la crise actuelle pour le royaume du Maroc. Il y a quelques jours, la banque centrale a publié ses propres prévisions. Les résultats des deux exercices sont très proches.

En un mot, les réserves de change projetées à fin 2020 par les deux études se situent autour de 220 milliards de dirhams, niveau raisonnablement confortable. Le maintien des réserves de change tout au long de la crise est bien sûr acquis grâce à un déplacement de l’endettement annuel de l’Etat vers des financements en devises plutôt que des financements en dirhams.

La manière d’y arriver exactement diffère entre les deux institutions (différence d’estimation entre le solde des échanges de services et de biens, différence d’estimation entre les montants de financements en devises) mais le résultat final est le même. On peut donc considérer que ce premier impact est en train d’être géré, avec des conséquences positives sur la stabilité du dirham.

Parallèlement, CFG Bank projette une récession de -6,5% du PIB (BAM un peu plus de -5,2%), avec comme conséquence le doublement du déficit budgétaire à environ -80 milliards de dirhams au lieu de -40 milliards attendus avant la crise. Ici, le problème urgent est comment financer ces 40 milliards supplémentaires.

-Justement, la grande question est de savoir comment financer ce grand déficit. Faut-il privilégier dette extérieure ou dette intérieure ? Lancer une grande réforme fiscale pour lever de nouveaux impôts ? Que préconisez-vous ?

-Une partie des 40 milliards sera financée par de la dette extérieure, en devises comme expliqué ci-avant. C’est ainsi que l’on pilotera le niveau de réserves de change.

Le reste doit être financé auprès de ceux qui achètent régulièrement les bons du Trésor en dirhams, c’est-à-dire les compagnies d’assurance, les caisses de retraite, les OPCVM et les banques commerciales. Reste à savoir si ces investisseurs institutionnels marocains collectent suffisamment d’épargne pour acheter ce supplément de bons du Trésor (supplément par rapport à un déficit budgétaire usuel).

Pour boucler le financement, il faut que nos institutionnels aient suffisamment d’épargne libre additionnelle afin que les taux d’intérêt des bons du Trésor ne soient pas poussés à la hausse par manque de demande. En effet, il serait très dommageable pour la relance de l’économie que les taux d’intérêt du marché obligataire (bons du Trésor et dettes des sociétés privées) ne montent par manque d’épargne. Cela freinerait la relance économique.

-Mais Bank-Al Maghrib tient selon les institutionnels à maintenir la courbe des taux à un niveau bas. Comment peut-elle intervenir pour empêcher une envolée des taux de la dette publique si la demande comme vous le dites ne sera pas capable d’absorber l’offre qui va arriver sur le marché ?

-D’abord, il faut rappeler que Bank Al Maghrib est un régulateur dont notre pays peut être fier. C’est vraiment l’une des toutes meilleures administrations de notre pays, et la qualité de ses femmes et de ses hommes est remarquable. C’est une institution à la fois sage et disciplinée, mais aussi souple et intelligente, qui sait faire preuve de discernement. Un régulateur intelligent, c’est suffisamment rare pour être souligné.

La banque centrale a la faculté de surveiller au jour le jour l’évolution des taux du marché obligataire (bons du Trésor). Cette évolution dépend d’une part du montant du supplément de déficit budgétaire qui n’est pas financé à l’extérieur et, d’autre part, de l’épargne additionnelle collectée par les institutionnels marocains. Tant que les taux d’intérêts du marché obligataire ne montent pas par manque d’épargne, tout va bien. Si jamais l’inverse commence à se produire, la banque centrale peut racheter des bons du Trésor auprès des compagnies d’assurance, caisses de retraite ou OPCVM pour libérer leur capacité à souscrire aux émissions régulières de bons du Trésor par l’Etat marocain.

C’est un outil non conventionnel de politique monétaire, mais qui est réglementairement à la disposition de Bank Al-Maghrib et qui est largement utilisé par les grandes banques centrales en cas de besoin. Si l’on peut s’en passer c’est bien, mais la possibilité existe.

On peut donc en conclure que le financement des 40 milliards de dirhams de surcroît de déficit budgétaire ne posera pas de problème.

-Au delà des déficits des finances publiques, la grande préoccupation aujourd’hui est le maintien des entreprises en vie et la sauvegarde de l’emploi. L’Etat, à travers le CVE, a lancé plusieurs initiatives dont les crédits de relance garantis aux entreprises, pour financer la reprise. Pensez-vous que cela est suffisant pour empêcher une cascade de faillites et une envolée du chômage ?

-Le plus important dans cette phase de relance, c’est la préservation de l’emploi, prioritairement, et des revenus si possible. Le crédit Damane Relance est un excellent outil pour prendre le relais d’une injection de dette de court terme (Damane Oxygène) et stabiliser cet endettement sur le long terme. Mais l’endettement est comme une drogue pour une entreprise. A forte dose, elle finit par la tuer. Ce dont nos entreprises ont besoin pour être pérennes, pour survivre, pour encaisser les chocs, les crises, les récessions tout en maintenant l’emploi, c’est de fonds propres, plutôt que de dettes additionnelles.

Or malheureusement, déjà avant cette crise violente, nos entreprises étaient pour une large partie, sous-capitalisées. C’est-à-dire qu’elles n’avaient pas assez de capital et trop de dettes. Beaucoup vont donc jeter l'éponge car les pertes subies pendant cette crise viennent directement manger leur capital et le réduire d’autant (du montant de la perte). Je suis donc personnellement favorable à ce que l'Etat propose un produit supplémentaire à Damane Relance et qui ressemble plus à des fonds propres qu’à de la dette. J’ai vu une proposition similaire dans le mémorandum soumis par le parti de l’Istiqlal au gouvernement, et je m’en réjouis.

-Comment justement renforcer les fonds propres de milliers d'entreprises en difficulté ? Que proposez-vous sachant que les seuls outils permettant cela sont le capital risque, branche pas assez développée chez nous, ou l’entrée directe, comme le proposent certains économistes, de l'Etat dans le capital de ces entreprises ?

-Ce n’est sûrement pas le capital risque ou le capital investissement qui peut le faire. Ces outils-là sont des outils sophistiqués qui prennent beaucoup de temps et d’analyse et ne peuvent s’adresser qu’à l’élite des entreprises, pas à la masse.

De surcroit, les actionnaires des milliers d’entreprises en question n’ont aucune envie d’ouvrir leur capital à des tiers et de s’associer avec eux. Il faut donc concevoir quelque chose de très simple et de massif, comme par exemple un fonds public, alimenté par des dettes auprès de la banque mondiale sur 40 ans à très faible taux, et qui octroie des avances sans intérêts, sur des périodes de 7 à 10 ans, pour un montant égal à la perte comptable attendue pour l’exercice 2020 pour chacune de ces PME. La perte prévisionnelle peut être estimée par un expert-comptable.

A ce moment-là, vu la durée et l’absence d’intérêts, on peut considérer que cette avance tient lieu de fonds propre supplémentaire. Ce n’est qu’un exemple de solution pour illustrer la problématique posée pour une relance efficace.

-Vous opérez dans l’industrie à travers le groupe Mutandis, mais vous êtes aussi un grand connaisseur du secteur du tourisme du fait de votre passage au ministère sous Driss Jettou entre 2003 et 2007. Le ministre de l’industrie a déjà annoncé la couleur pour la relance de son secteur, mais dans le tourisme il y a encore un manque de visibilité sur l’avenir. Que pensez-vous déjà de la stratégie que veut mener le ministère de l’industrie ?

-Tout d’abord, je suis contre le fait de séparer tourisme et industrie dans les stratégies et les raisonnements. Il faut raisonner en trou à combler dans la balance de biens et de services et oublier un indicateur du 19ème siècle, encore utilisé au Maroc, appelé balance commerciale.

Le gap à combler est estimé à environ 50 milliards de dirhams par an (l’équivalent d’un 2ème OCP). Comment le combler? En construisant des activités facturant leur clients en devises, et pour lesquelles le Maroc dispose d’atouts particuliers, c’est-à-dire de facilités à réussir.

-Sur quelles activités faut-il miser pour combler ce trou dans la balance des biens et services ?

-Quand on fait l’inventaire des activités que l’on a appelées métiers mondiaux du Maroc, on peut déjà établir un classement : 1/Tourisme, 2/Automobile, 3/Engrais et dérivés du phosphate, 4/Produits de la terre, de la mer, bruts ou transformés (c'est-à-dire l’agroalimentaire), 5/Habillement et autres produits du textile, 6/Offshoring et télécoms, 7/Composants aéronautiques, 8/Composants électroniques, etc…

Si, au lieu de classer selon le chiffre d’affaires à l’export (chiffre d’affaires en devises), on classe ces activités économiques selon leur chiffre d’affaires moins les intrants qu’elles importent pour produire leurs services ou leurs biens, alors le tourisme est loin devant tous les autres. L’offshoring monte aussi fortement dans ce nouveau classement de même que l’agroalimentaire.

Je ne fais donc pas le distinguo entre tourisme et industrie, le tourisme est l’un des métiers mondiaux du Maroc et c’est celui qui a la plus forte contribution nette à la balance des biens et services. Ma conviction est que ces métiers restent toujours ceux qui ont le plus de potentiel de valeur ajoutée (c’est-à-dire de PIB), de distribution de salaires (création d’emplois) et de chiffre d’affaires en devises. Le tourisme est le premier et le plus important d’entre eux.

Mais à titre personnel, j’ai un penchant pour l’industrie, qui m’intéresse depuis toujours, d’où la création de Mutandis en 2008.

-Vous avez justement construit le groupe Mutandis qui fabrique des produits consommés aussi bien sur le marché local qu’à l’export. Et qui sont fortement concurrencés par les importations. Comment arrivez-vous à survire à la concurrence internationale ?

-Aujourd’hui, Mutandis a 3.000 collaborateurs et 9 usines toutes au Maroc et exporte 30% de son chiffre d’affaires. Nous avons collectivement l’ambition de doubler la taille de Mutandis dans les 5 à 7 ans qui viennent, tout en restant dans l’industrie des biens de grande consommation (Hygiène/ beauté et agroalimentaire).

Ce sont des métiers d’avenir pour le Maroc qui permettent de produire et de vendre au consommateur marocain ainsi qu’à l’export. C’est également un exemple de substitution aux importations par une industrie locale, donc j’adhère pleinement à la stratégie du ministère de l’industrie d’examiner au cas par cas la possibilité d’encourager la création d’industries de substitution à certaines importations.

-Est ce que les ALE signés par le Maroc entravent votre activité, votre développement ?

-Les accords de libre-échange (ALE) sont nécessaires pour nous permettre d’exporter, mais ils nécessitent en même temps, la mise en place d’une organisation très efficace et très réactive entre les opérateurs privés nationaux et le gouvernement pour réagir d’urgence à chaque fois que les règles du jeu sont faussées.

Je donne l’exemple de certaines importations de Turquie de produits que Mutandis conçoit et fabrique, avec une expertise en recherche et développement et en formulation de très bon niveau. Nos ingénieurs peuvent prouver par A+B qu’il est impossible de produire ces produits turcs aux prix auxquels ils sont importés au Maroc (par des distributeurs turcs de surcroît). Donc les ALE sont nécessaires, mais une très grande réactivité est requise pour encadrer les dérapages.

-Import-substitution, renégociation des ALE, poursuite de la promotion des métiers mondiaux à l’export… Vous êtes donc pleinement alignés sur la stratégie de Moulay Hafid Elalamy ?

-Complètement. Et je voudrais exprimer ici mon intense satisfaction de voir le ministère de l’Industrie prendre progressivement l’ampleur qu’il mérite dans un pays en développement. Je ne connais aucun exemple de pays (je ne parle pas de Dubaï ou équivalent…) qui ait pu élever le niveau de vie de 35 millions d’habitants sans développer une industrie puissante. Donc bravo à la stratégie industrielle en cours et aux équipes du ministère.

Le 22/06/2020

Source Web Par le boursier

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