Rififi chez les militants pro-Polisario au Sahara Occidental

Rififi chez les militants pro-Polisario au Sahara Occidental

Après presque douze ans de services, Aminatou Haidar annonce la dissolution de son ONG non autorisée, la CODESA. Le Maroc n'est pas à l'origine de ce sabordage qui renseigne plus sur les tensions au sein des militants pro-Polisario de l'intérieur.

Le Collectif des défenseurs sahraouis des droits de l’Homme s’autodissout. Une décision prise par la, désormais, ex-présidente de l’ONG, Aminatou Haidar. La moitié du bureau exécutif du CODESA a exprimé son refus «à continuer de travailler selon le mode de fonctionnement actuel», souligne-elle.

«L’esprit d’équipe manque cruellement» alors que «la gestion basée sur l’humeur et l’improvisation» ont pris le dessus, déplore Mme Haidar dans son communiqué. Dans ces conditions, le bureau de l’association «n’a tenu aucune réunion pendant près de deux ans» même s’il a continué à rendre public des communiqués, des déclarations et des rapports au nom de la CODESA.

Signe des profondes divergences qui ont précipité l’autodissolution de l’ONG, la question de la distribution du partage des financements obtenus lors des participations aux conférences et forums internationaux. La sélection des représentants de l’association obéirait à des considérations non-objectives. «Elle était prise contre la volonté de la majorité (la moitié des membres du bureau) et sans la consulter», révèle Mme Haidar. Et d’annoncer en conséquence que toutes les décisions de la CODESA durant les deux dernières années «n'ont aucune légitimité».

Vers une fin de règne pour Brahim Ghali ?         

«Pour toutes ces raisons évoquées, et compte tenu de l'incapacité de créer de meilleures conditions que le statu quo», Aminatou Haidar déclare se joindre aux voix de la «majorité du bureau» ayant exprimé le souhait de mettre un terme à l’expérience de la CODESA. Sur les onze membres du bureau exécutif, six ont signé le communiqué décrétant la dissolution de l’ONG. On apprend qu’Ali Salem Tamek, l’adversaire principal d’Aminatou et son vice-président, et deux autres personnes ont refusé de le cautionner.

Cette opération de sabordage a pour principal objectif de larguer Ali Salem Tamek du navire de la CODESA, le privant de fait d'une belle tribune politique. Le divorce est également porteur de messages destinés à Brahim Ghali. Depuis sa désignation en tant que chef du Polisario, en juillet 2016, il a tenu à marginaliser Aminatou Haidar, lui préférant Ali Salem Tamek. C’est en effet lui qui avait présidé la délégation de la CODESA ayant rencontré Horst Köhler, l’ancien envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental, le 30 juin 2018 à Laayoune. Un camouflet pour Aminatou Haidar qui était pourtant présente dans la capitale de la région.

L’autodissolution du Collectif des défenseurs sahraouis des droits de l’Homme constitue un signal de plus renseignant sur les luttes de pouvoir au sein de la direction du Polisario et la perte d'influence de Brahim Ghali. Marginalisée depuis la mort de Mohamed Abdelaziz, Aminatou Haïdar fait le pari de la fin de règne de Ghali.

Le 03/09/2020

Source web par : yabiladi

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