Textile : L’Amith planche sur une feuille de route pour soutenir le secteur

Textile : L’Amith planche sur une feuille de route pour soutenir le secteur

• LES EXPORTATIONS TOUT COMME LE MARCHÉ LOCAL ONT ÉTÉ FORTEMENT IMPACTÉS PAR LA CRISE COVID-19.

• LES EXPORTATIONS ONT ATTEINT 15 MILLIARDS DE DIRHAMS À LA FIN JUILLET N SUR LE MARCHÉ LOCAL, UNE REPRISE DE 30% EST ENREGISTRÉE DEPUIS JUIN 2020

• LA BAISSE D’ACTIVITÉ SERA DIFFICILE À RATTRAPER D’ICI LA FIN DE L’ANNÉE…

Dans le secteur du textile et de l’habillement, les commandes ont repris de manière progressive à partir du mois de juin. Cependant, il est important de préciser, déclare Fatima Zahra Alaoui, directrice générale de l’Association marocaine des industries du textile et de l’habillement, «que cette reprise reste pour l’instant assez prudente. Les récentes statistiques communiquées par l’Amith révèlent qu’après une baisse cumulée de près de 36% sur les 6 premiers mois de l’année, le secteur a pu retrouver son niveau d’export au mois de juillet 2020, comparativement à juillet 2019. Cependant, explique Mme Alaoui, aux vues de l’absence de visibilité pour les semaines et mois à venir, il est clair qu’il ne nous sera pas possible de rattraper les pertes subies depuis le début de la crise. En effet, alors que nos exportations avoisinaient les 22 milliards de dirhams sur les 7 premiers mois de l’année 2019, elles ne sont que de 15 milliards sur la période janvier-juillet 2020, soit un gap de 32% qu’il ne sera pas possible de rattraper d’ici la fin de l’année». De son côté, le marché local n’est pas épargné par cette conjoncture difficile. Son activité n’ayant repris qu’à hauteur de 30% depuis la fin du confinement, l’association professionnelle estime, sans toutefois donner d’évaluation précise, que la baisse du chiffre d’affaires sur l’année sera très importante. Conjuguée à la hausse importante des impayés depuis plusieurs mois, cette conjoncture aura, poursuit notre source, «des conséquences désastreuses sur les entreprises opérant sur le marché local si une facilitation de l’accès aux dispositifs de financement tels que Damane relance n’est pas accordée à ces entreprises».

La pandémie a infligé à l’industrie textile-habillement mondiale la pire crise de son histoire. L’industrie textile marocaine, étant fortement intégrée à l’industrie mondiale, a très rapidement ressenti l’impact de la crise avec l’arrêt brutal des commandes et la suspension des paiements des clients étrangers. Un grand nombre d’entreprises se sont retrouvées en arrêt quasi total dès la fin du mois de mars et ce pour plusieurs mois. Selon un sondage réalisé, en avril dernier, par l’Amith 80 à 85% des 600 membres de l’association ont arrêté leur activité. Aujourd’hui, les entreprises du secteur ont repris progressivement leur activité, avec des capacités réduites conformément aux directives, notamment en termes de distanciation sociale, dictées par les autorités locales de leur zone d’implantation. Et l’Amith tient à souligner que «les arrêts que nous observons aujourd’hui sont liés à des décisions de fermeture prises par les autorités locales à l’apparition de foyers de contamination au sein des unités industrielles. Nous tenons cependant à rappeler ici que nos entreprises ont très tôt mis en place les mesures sanitaires nécessaires au sein de leurs unités pour assurer la sécurité de leurs salariés».

80 à 87% des entreprises de l’Amith étaient à l’arrêt en avril dernier

Cependant, Fatima Zahra Alaoui rassure : «La mobilisation du secteur dans le cadre de l’effort national de lutte contre la pandémie à travers la production des masques et autres équipements de protection a permis une reprise partielle de l’activité au mois d’avril. La flexibilité et l’adaptabilité de notre industrie lui ont permis de faire preuve de résilience durant les derniers mois pour pouvoir assurer le maintien des emplois malgré un contexte de crise mondiale». Aussi, l’industrie textile-habillement marocaine a plusieurs atouts pour se positionner sur la nouvelle carte de sourcing mondiale favorable à un approvisionnement de proximité. Notamment sa position géographique et son savoir-faire qui permettent aujourd’hui aux industriels d’avoir une offre de qualité et une flexibilité et une rapidité d’exécution pour répondre aux besoins des sous-traitants étrangers. La reconfiguration du sourcing mondial en faveur d’un sourcing de proximité est, exlique Mme Aaloui, «une réelle opportunité pour le Maroc et nous commençons déjà à ressentir les effets avec de plus en plus de donneurs d’ordre qui s’intéressent au Maroc». Des donneurs d’ordre que l’Amith tient à rassurer quant à la résilience et la capacité d’adaptation du secteur. C’est dans ce sens qu’avec le soutien du ministère de l’industrie, du commerce, de l’économie verte et numérique et de bailleurs de fonds internationaux à travers le programme GTEX MENATEX, l’Amith a produit une vidéo promotionnelle pour informer les clients et prospects des actions menées par le secteur face à la pandémie et les rassurer quant à sa capacité à être un partenaire privilégié pour surmonter cette crise. L’Amith a également été une force de proposition auprès de la CGEM et du ministère de l’industrie pour défendre les mesures de soutien à mettre en place en urgence pour permettre une relance efficace du secteur qui porte sur la flexibilité de l’emploi, le report de l’augmentation du SMIG jusqu’à juillet 2021 comme demandé par la CGEM, l’exonération de la part patronale CNSS pendant 2 ans, le remboursement immédiat des crédits de la TVA dus aux entreprises, l’assouplissement des conditions d’accès à Damane Relance, la suppression de la TVA sur investissement pour relancer l’investissement, l’instauration d’un plancher d’intégration locale obligatoire comme critère d’éligibilité à la préférence nationale dans la commande publique, l’octroi aux entreprises de l’AMONT d’une ristourne sur le coût de l’énergie pour améliorer leur compétitivité. Enfin, l’association est également sur le point de finaliser la feuille de route pour le secteur pour les 5 prochaines années ayant pour objectifs de reconquérir le marché domestique aujourd’hui cannibalisé par les importations déloyales et de rebondir à l’export pour saisir les opportunités liées à la demande internationale pour un sourcing de proximité et une offre écoresponsable.

Le 24/09/2020

Source Web Par La  Vie Eco

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