Rapport de la CNUCED 2016 Les Nations unies mettent en garde l'Afrique contre son endettement galopant

Rapport de la CNUCED 2016 Les Nations unies mettent en garde l'Afrique contre son endettement galopant

La CNUCED recommande aux pays africains de renforcer leur lutte contre les flux financiers illicites.

L'Afrique a besoin de 600 à 1.200 milliards de dollars par an pour financer son développement durable, selon le rapport de la CNUCED sur le développement du continent présenté le 21 juillet à Rabat. Mais l'Afrique s'est lourdement endettée ces dernières années et doit trouver de nouvelles formules de financement.

«L’Afrique est confrontée à une dette extérieure galopante et à une augmentation de la dette intérieure». Tel est le principal constat qui ressort du rapport 2016 de la CNUCED sur le développement économique en Afrique, présenté jeudi à Rabat. Intitulé «La dynamique de la dette et financement du développement en Afrique», le document met en relief les grandes difficultés que rencontre l’Afrique pour financer son développement.

La CNUCED (Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement) a ainsi pointé l’ampleur qu’a prise la dette extérieure du continent. Celle-ci est en hausse à cause de la baisse des recettes à l’exportation, du creusement du déficit des comptes courants et du ralentissement de la croissance économique. Ainsi, le stock moyen annuel de la dette extérieure s’est élevé à 443 milliards de dollars en 2011-2013 , soit 22% du revenu national brut, contre près de 303 milliards en 2006-2009 (24,2% du RNB). Ces chiffres témoignent d’une croissance rapide de la dette. En 2011-2013, celle-ci a été de l’ordre de 10,2% par an contre 7,8% sur la période 2006-2009. Ainsi, le taux de moyen de croissance annuelle de la dette extérieure du continent a dépassé 10% dans 8 pays pauvres très endettés et dans 13 autres pays pauvres. Cette dette est caractérisée par une bien moindre concessionalité, une augmentation des taux d’intérêt et un raccourcissement de l’échéance et du délai de grâce. Des caractéristiques qui ont donc pour effet d’alourdir le fardeau de la dette des pays africains.

Ainsi, la CNUCED recommande aux pays fortement endettés de prendre des mesures pour éviter que l’accroissement rapide de la dette n’aboutisse à une crise comparable à celle de la fin des années 1980 et celles de 1990. L'Organisation des Nations unies estime toutefois que les ratios d’endettement extérieur semblent gérables pour le moment. La dette intérieure n’est pas en reste. Elle est en augmentation graduelle. Beaucoup de pays africains ont emprunté sur les marchés intérieurs. Le taux d’endettement a presque doublé en 20 ans, a révélé le rapport. Il est passé d’une moyenne d’environ 11% du produit intérieur brut en 1995 à quelque 19% à fin de 2013. Cette hausse, la CNUCED l'explique notamment par la croissance économique que connaissent certains pays d’Afrique, des taux faibles de l’inflation, l’amélioration du secteur financier et l’ouverture progressive des marchés africains d’obligations en monnaie locale aux investisseurs non résidents.

Le rapport appelle donc les pays du continent à trouver des sources de financement complémentaires pour poursuivre les objectifs de développement durable.

Sur ce volet, la CNUCED estime que l’Afrique aura besoin de 600 à 1.200 milliards de dollars par an pour financer la réalisation des objectifs de développement durable. Elle plaide ainsi en faveur de moyens de financement nouveaux et innovants. Il s’agit notamment des partenariats publics-privé, à travers le renforcement des cadres qui les régissent aux niveaux national et régional, et ce, tout en préservant la viabilité de la dette. À cela s’ajoutent le développement et la diversification du secteur financier au niveau national afin d’accroitre les ressources intérieures et d’attirer l’épargne de la diaspora. La lutte contre les flux financiers illicites figure également parmi les recommandations de la CNUCED.

Le 23 Juillet 2016
SOURCE WEB Par Le Matin

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