Entretien avec l’ambassadeur de Chine au Maroc, M. Li Li

Entretien avec l’ambassadeur de Chine au Maroc, M. Li Li

«L’année sino-marocaine du tourisme et de la culture sera un moteur du développement des relations entre les deux pays»

Dans un entretien accordé au «Matin», l’ambassadeur de Chine au Maroc insiste en particulier sur le rôle des échanges culturels et touristiques dans le raffermissement des relations entre les deux pays. Pour M. LI Li, «l’inspiration mutuelle a comme vertu l’approfondissement de la compréhension et de la confiance et la promotion de l’amitié traditionnelle sino-marocaine».

Le Matin : Royal Air Maroc vient de lancer sa première ligne aérienne directe Casablanca-Pékin. Quelles sont les perspectives que cette nouvelle route aérienne ouvre pour les deux pays ?

Li Li : Le lancement de la ligne aérienne directe est le fruit du développement accéléré des relations entre la Chine et le Maroc soutenu par au moins deux moteurs : le moteur politique et celui de l’économie. Sur le plan politique, le partenariat stratégique sino-marocain ne cesse de s’approfondir et de nombreux projets de coopération sont en cours de réalisation, dont l’ouverture de la ligne directe qui va dans le même sillage. Sur le plan économique, la Chine est le premier partenaire commercial de l’Afrique et le troisième du Maroc, de nombreux commerçants marocains partent en Chine chaque année. La Chine accorde aussi une importance majeure à l’importation des produits marocains, une délégation chinoise de haut niveau vient de visiter le Maroc pour promouvoir auprès des partenaires marocains l’exposition internationale d’importation de Shanghai, qui a lieu chaque année. Je suis persuadé que la ligne directe pourra mieux répondre aux besoins réels et urgents des deux parties d’accroître la coopération pragmatique tous azimuts et qu’elle apportera des bénéfices tangibles aux peuples chinois et marocain. Citons simplement l’exemple du tourisme, le Maroc reçoit maintenant environ 200.000 touristes chinois chaque année. Avec la ligne directe, le chiffre pourra atteindre, prochainement, l’objectif de 500.000 fixé par le gouvernement marocain.

Si des Marocains souhaitent se rendre en Chine, quelles seront les expériences à vivre absolument ?

La Chine abrite de nombreuses villes très modernes dotées d’une infrastructure extraordinaire et de ressources culturelles et touristiques riches et variées, offrant beaucoup de commodités aux habitants et aux visiteurs. En Chine, vous pouvez découvrir une large palette de paysages, de cultures et de religions. Prenons l’exemple de Beijing, la capitale de la Chine est munie de 2 des meilleurs aéroports internationaux, 5 gares modernes, 23 lignes de métro et des réseaux de transport urbain très développés. À Beijing, vous voyez la cité interdite, la Grande Muraille de Chine et la Place Tian’anmen, vous tombez sur des mosquées, des synagogues et des églises et vous découvrez l’art culinaire de différentes régions de Chine et du monde. Par ailleurs, les quatre grandes «découvertes» contemporaines de la Chine : le TGV chinois, le paiement mobile, l’achat en ligne et l’économie partagée sont aussi à vivre absolument. À Beijing comme partout en Chine, le paiement mobile vous permet de faire du shopping sans espèces dans n’importe quelle boutique, les boutiques en ligne vous offrent des choix illimités et vous livrent les produits en 12 heures. La Chine a développé le plus grand réseau de TGV au monde avec un prix abordable et un confort de voyage inégalé. L’économie de partage, surtout le vélo de partage, que vous trouverez facilement au bord de la rue, quant à elle, facilite à tout moment vos déplacements et incarne la volonté de la Chine et du peuple chinois de préserver l’environnement en consommant moins.

L’année culturelle et touristique sino-marocaine en est prévue courant 2020. Quelle est selon vous l’importance de cet événement et quelles en seront les retombées sur les relations entre les deux pays ?

Organiser l’Année sino-marocaine du tourisme et de la culture, c’est offrir un nouveau moteur au développement des relations entre la Chine et le Maroc. Nous sommes deux civilisations anciennes, l’inspiration mutuelle a comme vertu l’approfondissement de la compréhension et de la confiance mutuelle et la promotion de l’amitié traditionnelle sino-marocaine. C’est dans cet esprit que le Musée national de la Chine vient de signer, le 17 janvier 2020, une convention avec la Fondation nationale des musées du Maroc, par laquelle une exposition aura lieu à Beijing prochainement, où sera présentée, pour la première fois en public, une collection privée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, composée de bijoux traditionnels berbères marocains ainsi que d’œuvres d’art. Le tourisme nous offre un excellent moyen de connaître la culture de l’autre, un mode de coopération gagnant-gagnant basé sur l’égalité, ceci correspond au concept de la Chine dans sa coopération avec le reste du monde. Le tourisme est un pilier de l’économie marocaine et porte une signification particulière pour le Maroc en termes de création de l’emploi et d’augmentation des revenus. Le Président chinois XI Jinping a souligné à maintes reprises qu’il faut s’en tenir aux principes de concertation, synergie et partage dans la coopération avec le monde dans le cadre de l’initiative la Ceinture et la Route. Je suis sûr que la consolidation de l’amitié entre les deux peuples servira en profondeur la coopération entre la Chine et le Maroc dans tous les domaines.

Les échanges culturels entre la Chine et le Maroc se sont intensifiés ces dernières années. Parmi les aspects saillants de cette dynamique, l’introduction de l’apprentissage du mandarin dans les universités marocaines. Qu’est-ce qui explique selon vous cet engouement pour la langue chinoise ?

Le chinois, c’est la langue de futur. Le Maroc a accueilli trois Instituts Confucius sur son territoire et ils sont respectivement à Rabat, à Casablanca et à Tanger et recoivent chaque année des milliers d’inscriptions. De plus en plus de Marocains savent prononcer des mots en chinois comme «Xie Xie», «Ni Hao» dans la médina de Fès, au souk de Chefchaouen, et sur les dunes à Merzouga, etc. Sachant qu’en plus de l’université, l’ambassade de Chine travaille également avec la Fondation BMCE pour promouvoir l’apprentissage du chinois dans les écoles primaires. Je suis le témoin de l’engouement des Marocains pour la langue chinoise et je l’apprécie beaucoup. Non seulement au Maroc, dans beaucoup d’autres pays, apprendre le chinois est devenu une tendance. Beaucoup de personnes considèrent la maîtrise du chinois comme une valeur ajoutée pour trouver un travail, d’autres sont simplement fascinés par la culture chinoise. Apprendre le chinois, cela ne signifie pas simplement savoir parler et écrire. L’important est de connaître le pays et sa culture. Le patrimoine riche de cinq mille ans d’histoire, l’une des économies les plus dynamiques du monde d’aujourd’hui, les façons de vivre à la chinoise, le WeChat, le commerce électronique sur Ali-baba... Tant de choses sont à découvrir en Chine, le premier pas, ce sera sûrement l’apprentissage de la langue.

La Chine fait face depuis quelques jours à une mystérieuse pneumonie qui a fait de nombreuses victimes. Qu’en est-il exactement ? Comment les pouvoirs publics chinois réagissent-ils à cette situation ?

En effet, jusqu’au 22 janvier, le bilan des patients contaminés par cette pneumonie ayant pour cause un coronavirus, jamais vu auparavant, a atteint des centaines dans 13 provinces de Chine et des dizaines de personnes sont décédées. Au niveau international, des cas isolés ont été détectés en Corée, au Japon, en Thaïlande, aux États-Unis, aux Philippines et à Singapour, des patients suspects sont sous surveillance. Dès la découverte des premiers cas, le gouvernement chinois a déclenché l’alerte et a multiplié des mesures de contrôle et de prévention afin d’endiguer la propagation du virus. À l’heure actuelle, un plan de prévention et de contrôle est déjà mis en place, des nouvelles sur l’épidémie sont publiées en temps réel et aucun effort ne sera ménagé pour offrir les meilleurs soins médicaux aux patients, dans la recherche épidémiologique et dans la sensibilisation de la population. En ce qui concerne la région la plus touchée par l’épidémie, à savoir la ville de Wuhan et ses environs, le gouvernement local a pris en toute urgence des mesures efficaces afin de contrôler le flux de personnes quittant la ville et y entrant. Attachées aux principes de l’ouverture, de la transparence et de la responsabilité, les autorités sanitaires chinoises ont communiqué dans les plus brefs délais les informations sur l’épidémie à l’Organisation mondiale de la santé, aux pays et aux organisations concernés et maintiennent avec eux une communication étroite. Les autorités sanitaires chinoises ont également partagé avec l’OMS les informations sur les séquences du génome du nouveau coronavirus. La Chine attache depuis toujours une importance capitale à la prévention et au contrôle des maladies contagieuses et restera en étroites communication et collaboration avec la communauté internationale afin de garantir la sécurité sanitaire du monde entier.

Le 25/01/2020

Source web Par Le Matin

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