Septième édition du Marrakech Security Forum

Septième édition du Marrakech Security Forum

Les participants admiratifs de l’expérience marocaine en matière de lutte contre l’extrémisme

Les conférenciers ont insisté sur la nécessité de mettre en place une plateforme internationale dédiée exclusivement à la prévention du terrorisme dans le domaine du renseignement.AICpress

Les participants à la septième édition de «Marrakech Security Forum», qui a clôturé ses travaux dans la ville ocre, ont souligné la nécessité de trouver des solutions durables aux phénomènes de rébellion et de séparatisme qui constituent parfois «une véritable base arrière» des mouvances terroristes. Ils ont par ailleurs tenu à mettre en avant l'efficacité et la pertinence de l'expérience marocaine en matière de lutte contre la radicalisation.

Dans la Déclaration finale ayant sanctionné les travaux de la septième édition de «Marrakech Security Forum» (les 12 et 13 février), organisée sous le Haut Patronage de S.M. le Roi Mohammed VI, les participants ont recommandé d’assurer une surveillance accrue des frontières, de redoubler de vigilance pour surveiller les sources licites et illicites du financement du phénomène du terrorisme et de conjuguer les efforts tant individuels que collectifs pour réduire la circulation des armes à petit calibre dans les différentes régions du continent africain.

L’accent a également été mis sur la nécessité d’assurer une meilleure coordination des stratégies de lutte contre le terrorisme et une appropriation nationale de tous les systèmes de lutte contre ce fléau, de prendre en charge au niveau de chaque État la gestion du champ religieux afin de s’assurer que la religion ne soit pas exploitée et détournée à des desseins de subversion et de promouvoir une nouvelle forme de gouvernance globale et locale susceptible de prendre en compte toutes les aspirations des populations sur la totalité du territoire. Les participants ont aussi appelé à renforcer les capacités des États africains pour améliorer les capacités de leurs services de sécurité et à surveiller les réseaux sociaux sur Internet qui servent de modes privilégiés de communication et de recrutement des combattants terroristes. Ils ont en outre appelé à consolider les mécanismes sous-régionaux existants destinés à lutter contre le financement du terrorisme en élargissant davantage le champ géographique de leurs actions afin de mieux appréhender la portée et la véritable dimension de ce phénomène. Ils ont, en outre, préconisé d’impliquer l’ensemble des acteurs, dont la société civile et les leaders d’opinion, dans toutes les questions inhérentes à la paix, à la sécurité et au développement, de renforcer et cultiver les valeurs de citoyenneté et les capacités d’anticipation face aux risques et menaces, de partager les informations et les expériences aussi bien au niveau régional que sous-régional et de procéder à la réforme des services de sécurité pour qu’ils soient en phase avec les défis du moment.

La Déclaration finale souligne, d’autre part, l’importance de prendre des initiatives politiques nationales en vue d’encourager certaines catégories de combattants enrôlés dans les mouvements terroristes à quitter lesdits mouvements et bénéficier de programmes spéciaux de réintégration. Les conférenciers ont enfin insisté sur la nécessité de mettre en place une plateforme internationale dédiée exclusivement à la prévention du terrorisme dans le domaine du renseignement, de ne pas tomber dans les excès, les phobies et les délits de faciès, notamment en Europe, pour éviter de faire le lit des stratégies de recrutement des mouvances terroristes et de mettre en œuvre, dans tous les États africains, une stratégie globale en matière de sécurité des systèmes d’information.

La septième édition de «Marrakech Security Forum» (AfricaSEC 2016), organisée par le Centre marocain des études stratégiques (CMES) en partenariat avec la Fédération africaine des études stratégiques (FAES) et à laquelle ont pris part plus de 200 participants de 76 nationalités, a été marquée par la présentation de l’expérience marocaine en matière de lutte contre le terrorisme et l’extrémisme. Cette approche, «unique en son genre, a eu un écho extraordinaire et a agréablement surpris les participants qui croyaient qu’elle se limitait uniquement à la dimension sécuritaire, alors qu’il s’agit d’une véritable stratégie gravitant autour de l’opérationnel et du préventif et combinant des mesures à court et long termes», a déclaré au journal «Le Matin» le président du CMES et de la FAES, Mohamed Benhammou. La richesse et la pertinence de cette expérience ont d’ailleurs incité moult pays et prestigieuses institutions internationales à solliciter le savoir-faire marocain en la matière. C’est le cas justement de l’Institut des études africaines, de l’Académie des sciences de Russie qui a signé, samedi en marge du Forum, une Convention de coopération avec le CMES. Ledit accord porte, entre autres, sur l’échange de visites d’experts et de chercheurs, la réalisation de travaux de recherche en commun, l’accès réciproque aux sources scientifiques des deux entités et l’organisation conjointe de conférences et de rencontres scientifiques. Toujours selon M. Benhammou, un document détaillé de l’approche marocaine sera adressé prochainement à la partie russe pour qu’il soit publié dans une grande revue scientifique.

Il a également fait savoir qu’outre les pays africains, plusieurs États européens ont demandé à bénéficier de l’expertise marocaine, dont les Pays-Bas, la France, la Belgique, l’Italie et l’Espagne, et que le Royaume a été «approché même par des participants asiatiques et des États-Unis». Il convient de signaler enfin qu’un Prix de la prospective et de la recherche stratégique a été remis à Mohamed Benhammou par l’Institut africain de la géopolitique, le Centre d’études diplomatiques et stratégiques de Dakar et l’Observatoire des menaces terroristes, des radicalismes et des risques criminels et cindyniques.

Le 15 Février 2016
SOURCE WEB Par Le Matin

 

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