Le Nouvel Agenda Urbain tend à relever les défis du monde urbain au 21ème siècle (responsable ONU-Habitat - Maroc)

Le Nouvel Agenda Urbain tend à relever les défis du monde urbain au 21ème siècle (responsable ONU-Habitat - Maroc)

Le Nouvel Agenda Urbain, qui a servi de base aux débats de la troisième Conférence des Nations Unies sur le logement et le développement urbain durable "Habitat III", tenue à Quito en Equateur du 17 au 20 octobre, a été adopté par consensus par les Etats membres sous la forme de "Déclaration de Quito", a déclaré M. Monceyf Fadili, Conseiller de l'ONU-Habitat - Maroc.

Dans un entretien à la MAP, M. Fadili a indiqué que cette déclaration en 175 points et à caractère non contraignant, représente une plateforme pour les Etats et les villes en vue de relever les défis du monde urbain au 21ème siècle.

Les défis de l'urbanisation sont notamment traités dans le texte en termes de croissance urbaine accélérée – dans les pays du Sud en particulier –, de réduction de la pauvreté, d’habitat informel, d’accès au logement et aux services de base, de mobilité, de pression foncière et de changement climatique, relève-t-il.

Premier Sommet mondial après l’adoption de l’Agenda 2030 pour le développement durable, Habitat III a pour référence les 17 Objectifs de développement durable (ODD), en particulier l’Objectif 11 consistant à "faire en sorte que les villes et les établissements humains soient ouverts à tous, sûrs, résilients et durables".

Chiffres à l’appui, M. Fadili explique que ceci constitue autant d’enjeux pour les pouvoirs publics et les autorités locales, dans un contexte de croissance urbaine sans précédent. Alors que 56 pc de la population mondiale vivait en milieu urbain en 2015 (ONU-Habitat), ce chiffre devrait atteindre 60 pc en 2030 et 70 pc vers 2050, précise-t-il.

Sur une population totale de 7,3 milliards d’habitants, 4 milliards vivent aujourd’hui dans les villes, parmi lesquels près d’un milliard dans des conditions d’habitat précaire et insalubre, essentiellement en Afrique où 60 pc de la population urbaine vit dans des quartiers informels.

La déclaration de Quito souligne que la population urbaine devrait doubler à l’horizon 2050, "faisant de l’urbanisation l’une des tendances les plus fortes du 21ème siècle".

Interpellé sur les nouveautés de cette nouvelle conférence des Nations Unies sur le logement et le développement urbain durable, organisée sous l’égide de l’Assemblée générale des Nations Unies, le Conseiller de l’ONU-Habitat - Maroc a expliqué qu’alors que Habitat II (Istanbul, 1996) avait consacré le droit au logement comme l’une des thématiques majeures de ses travaux, Habitat III a développé la question du Droit à la ville, qui est revenue de manière récurrente dans les sessions et les débats.

L’un des slogans de la conférence Leave no one behind (personne ne sera oublié) traduit les enjeux auxquels devra faire face la communauté internationale, afin d’accorder aux citoyens, hommes et femmes, le droit à la cité, pour des villes productives, inclusives et durables, note-t-il, faisant constater que ce droit à la ville, qui constituera l’un de grands chantiers de l’après Habitat III, est destiné à renforcer les liens entre les principes des droits de l’Homme et de la démocratie locale.

Force est de souligner que le droit à la ville est en passe de devenir une condition sine qua non des droits humains dans la cité. Il s’exprime en termes d’accès à un logement décent, aux services de base, à un emploi, à la mobilité et à la sécurité.

Et M. Fadili de rappeler que dans son allocution de clôture des travaux d’Habitat III, le Directeur Exécutif d’ONU-Habitat, Joan Clos, a relevé trois principes fondamentaux pour un retour aux bases de l’urbanisation. Il s’agit tout d’abord d’une urbanisation fondée sur la primauté de l’Etat de droit. Une bonne urbanisation est en effet basée sur une bonne législation urbaine et sur sa mise en œuvre, en vue de générer une valeur ajoutée urbaine.

Il s’agit ensuite d’une bonne planification urbaine et d’une bonne conception de la ville, essentielles pour générer la prospérité et contribuer à la valeur ajoutée. Le troisième principe, quant à lui, consiste en un plan de financement solide. Une ville sans plan de financement est vouée à l’échec, un bon plan financier pouvant favoriser un cercle vertueux de prospérité.

Habitat III a enregistré plus de 45.000 inscriptions dont 35.000 accréditées et 10.000 participants en provenance de 167 pays. La conférence a d’autre part connu la plus forte participation d’autorités locales, de représentants de la société civile et d’acteurs locaux dans l’histoire des conférences des Nations Unies et 100.000 personnes ont été mobilisées durant le processus.

Le Royaume du Maroc a été représenté par une importante délégation conduite par la secrétaire générale du ministère de l'Habitat et de la Politique de la Ville, Fatna Chihab. Le pavillon du Maroc a également représenté l’un des moments forts pour les échanges et les rencontres avec les délégations, durant les travaux de Habitat III.

Le 27 Octobre 2016
SOURCE WEB Par MAP

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