Le fils du chah d'Iran exhorte l'Occident à donner le coup de grâce à la République islamique
Reza Pahlavi, fils du dernier chah d'Iran, estime que la République islamique est sur le point de s'effondrer. Mais pour cela, il faut un coup de main de l'Occident, dit le prince en exil dans un entretien avec l'AFP réalisé mardi à Washington.
Alors que l'ultraconservateur Ebrahim Raïssi a pris mardi ses fonctions de président iranien, l'opposant qui vit en banlieue de la capitale des Etats-Unis évoque l'abstention lors de son élection -- la plus forte depuis la révolution de 1979 qui renversa son père --, ainsi que les récentes manifestations à travers le pays provoquées par des pénuries d'eau.
"Le régime est-il divisé, fragile, au bord du gouffre? Oui. Mais comme toujours, si on lui jette une bouée, il trouvera un second souffle et survivra encore un peu", déclare Reza Pahlavi. "Nous avons la possibilité de lui donner le coup de grâce. Et nous ne demandons pas au monde de le faire à notre place; les Iraniens veulent le faire, ils ont juste besoin d'un peu d'aide."
Ce n'est pas la première fois que le fils du chah prédit, comme d'autres opposants iraniens en exil, la chute imminente du pouvoir religieux de Téhéran. Il y a près de deux ans, il assurait déjà que "l'effondrement final" était une affaire de "quelques semaines ou mois".
Qu'y a-t-il donc de différent cette fois-ci?
"La façon dont le régime tue les gens tout simplement", "de simples jeunes qui ont soif et qui réclament leurs droits", assure-t-il. Selon lui, "cette riposte n'indique pas un sens de confiance et de stabilité", "c'est comme un dernier effort pour essayer d'éteindre les flammes".
- "Implosion contrôlée" -
Mais les dirigeants iraniens ont abattu toutes leurs cartes, estime-t-il, "et la réponse du régime aujourd'hui c'est de mettre à la tête du pays la personnalité la plus noire et lugubre du nom de Raïssi".
Le nouveau président est à ses yeux "un boucher et un criminel qui devra être jugé un jour pour crimes contre l'humanité".
Et pour leur refus de rompre plus franchement avec lui, l'opposant s'en prend aux "démocraties occidentales" qui "semblent poignarder les gens dans le dos".
En cause, notamment, la décision de l'Union européenne d'envoyer un représentant à la cérémonie d'intronisation d'Ebrahim Raïssi -- "une gifle" qui risque de lui donner une "légitimité qu'il ne mérite pas".
En cause aussi, la volonté affichée par le président américain Joe Biden de continuer à négocier avec le nouveau gouvernement pour tenter de sauver l'accord sur le nucléaire iranien dont son prédécesseur Donald Trump avait claqué la porte. Des tractations indirectes ont commencé en avril à Vienne avec l'équipe de l'ex-président Hassan Rohani, un modéré sur la scène politique iranienne, sans toutefois aboutir.
Selon Reza Pahlavi, la question nucléaire n'est qu'un des nombreux problèmes à soulever.
"Que devient la question des droits de l'Homme? Comment l'argent dispersé va être utilisé?", interroge-t-il, accusant le pouvoir iranien d'avoir détourné l'argent obtenu lors de la levée des sanctions liée à la conclusion de cet accord en 2015 -- avant que Donald Trump ne les rétablisse.
L'administration Biden se fourvoie si elle pense que Téhéran va dire "maintenant qu'on a négocié nous allons vous foutre la paix", prévient l'opposant. "Ils ont besoin de continuer cette attitude d'antagonisme, d'instabilité régionale, parce que c'est comme ça qu'ils ont survécu jusqu'à présent."
Costume gris arborant un pin's avec le lion, symbole de l'ère impériale, sur une carte de l'Iran, l'ex-prince héritier se présente en "républicain par nature" qui ne pousse pas pour le rétablissement de la monarchie, plaidant pour l'instauration d'une démocratie "séculaire".
Mais pour y parvenir, insiste-t-il, les pays occidentaux doivent dialoguer dès à présent avec l'opposition iranienne.
"Sans avoir un dialogue constructif avec les forces démocratiques qui représentent cette alternative", affirme-t-il, "on n'aura pas la même aisance ou possibilité de trouver un meilleur chemin vers ce que j'appelle une implosion contrôlée plutôt qu'une anarchie explosive".
Le 04.08.2021
Source web Par : challenges
Les tags en relation
Les articles en relation
Sahara : l’UE soutient le plan d’autonomie marocain
Dans une réponse écrite datée du 20 février 2026, la haute représentante de l’Union européenne, Kaja Kallas, a confirmé l’alignement des 27 États me...
Mort de Charlie Kirk : l’activiste pro-Trump tué en Utah
Un drame a secoué la scène politique américaine : Charlie Kirk, figure conservatrice proche de Donald Trump et cofondateur de l’organisation Turning Point ...
Etats-Unis: un populiste à la Maison blanche, onde de choc dans le monde
A l'issue d'une folle nuit de suspense, les urnes ont rendu leur verdict. Donald Trump est élu Président des Etats Unis. Toute la nuit, les marchés, ...
Trump : "A partir de maintenant, ce sera "l'Amérique d'abord"
Le nouveau président américain Donald Trump a affirmé vendredi qu'il tenait à mettre à présent "l'Amérique d'abord, et seulement l'Améri...
Le projet d'embargo européen fait grimper le pétrole dans un marché tendu
Le pétrole a poursuivi sa hausse vendredi, toujours porté par le projet d'embargo européen sur l'or noir russe, même si la Hongrie traîne les pieds...
La Maison Blanche met en garde Pékin sur la mer de Chine et sur le commerce
La Maison Blanche, dirigée depuis trois jours par le président américain Donald Trump, a lancé lundi des avertissements à Pékin sur les conflits territori...
La remontée inattendue de l'euro, un risque pour la croissance?
Dopé par les doutes croissants sur la politique économique de Donald Trump, l'euro a effectué ces derniers mois une vigoureuse remontée face au dollar q...
Le 11-Septembre, 15 ans après: erreurs tragiques, instabilité, chaos et milliers de morts
15 ans après, les Etats-Unis commémorent les attentats du 11 septembre. Une période d'instabilité internationale a été ouverte et elle ne semble pas p...
Bank Al-Maghrib baisse le taux directeur et maintient la prudence sur la flexibilisation du régime
L’évolution des indicateurs économiques nationaux se montre plutôt rassurante, ce qui a incité le Conseil de Bank Al-Maghrib à réduire le taux directeur...
Tensions Chine–États-Unis : vers un accord douanier??
La Chine se dit prête à discuter des droits de douane avec les États-Unis, relançant l’espoir d’un apaisement des tensions commerciales entre les deux p...
Le monde de demain, entre risques et promesses
[#REAix2018] Avec un Donald Trump qui fait exploser en vol le G7, boude l’OMC, multiplie les mesures protectionnistes, les relations économiques internationa...
Université française : pas de hausse de frais pour les doctorants étrangers
Le ministère de l’Enseignement supérieur a tranché. Pas d’augmentation des frais d’inscription dans les universités françaises pour les doctorants ve...


mercredi 4 août 2021
0 















Découvrir notre région