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Souss-Massa : Les artistes de la région dans de beaux draps

Souss-Massa : Les artistes de la région dans de beaux draps

S’adressant au ministère de la Culture, quatre syndicats régionaux des métiers d’art dans le Souss-Massa demandent d’activer la régionalisation avancée et d’appliquer les dispositions de la Constitution dans sa vision artistique. Une réaction à ce que le collectif syndical désigne comme une « détérioration de la situation dans laquelle le secteur culturel et artistique de la région s’effondre ». Une situation qu’ils lient à « l’incapacité » du ministère de la tutelle d’activer le contenu du Plan royal pour la promotion du secteur artistique dans la région.

Sale temps pour les artistes de la région du Souss-Massa pour qui la rentrée culturelle ne démarre pas sous de bons auspices. Dans leur manifeste commun, les branches régionales d’Agadir-Ida Ou Tanane et d’Inezgane-Ait Melloul du Syndicat indépendant des artistes marocains des beaux-arts et du Syndicat des dramaturges et des opérateurs marocains de cinéma et de télévision de la région de Souss-Massa évoquent de prime abord un message royal, de l’époque du roi Hassan II. Prononcé lors du 1er Débat national du théâtre professionnel à Casablanca le 14 mai 1992, il a fait figure, selon les signataires, de « réponse aux cris successifs d’artistes condamnant la politique d’exclusion et de marginalisation les privant d’opportunités d’emploi dans la région ».

Les quatre associations professionnelles se disent « conscientes » de la situation « désastreuse et dangereuse vécue aujourd’hui par les artistes du Souss-Massa », et du « recul des acquis qui se note en chaque rentrée culturelle ».

Les porte-paroles des professionnels d’art de la région estiment être « victimes d’exclusion des projets d’art dramatique ouverts dans toutes les régions du Royaume » et réclamer la construction à Agadir d’un théâtre aux normes internationales, « pour enrichir la production de différentes formes de spectacles vivants ».

S’appuyant sur les dispositions prévues dans le cadre de la Régionalisation avancée, ils demandent par ailleurs une « juste répartition des productions artistiques entre les régions » et une « égalité des chances en matière d’emploi entre les artistes dans le respect de la diversité culturelle et linguistique au Maroc ».

Autre point dénoncé par les artistes de la région et donné comme exemple de « marginalisation » : la toute récente cérémonie de lancement de la distribution de la carte professionnelle au siège du ministère de la Culture à Rabat, le 23 septembre 2019 dernier, où les quatre syndicats considèrent que l’artiste Soussi a été « mis à l’écart ».

Sur le plan départemental, les signataires recommandent de « remédier à l’exclusion représentative dans toutes les commissions sectorielles chargées de sélectionner et répartir les subventions publiques au niveau des ministères et des conseils locaux et régionaux ».

Côté réglementaire, les quatre associations professionnelles insistent sur la « mise en œuvre de l’Article 21 de la loi sur les artistes ». Cette dernière prévoit « l’emploi prioritaire de 70 % des détenteurs de la carte professionnelle d’artiste », l’application d’un salaire minimum, et l’amélioration des conditions de travail de professionnels du secteur.

Au niveau local, la revendication porte notamment sur l’habilitation des conseils communaux, provinciaux et du Conseil régional du tourisme à « donner accès aux espaces d’animation touristique » aux artistes de la région.

Sur le créneau audiovisuel, le « respect du cahier de charges par les chaînes publiques », notamment en ce qui concerne le pourcentage d’émissions télévisées en langue amazighe (fixé à 30 %) fait partie des demandes, tout comme l’activation des directives royales évoquées en premier lieu, et qui notent une consécration de 1 % des budgets des communes aux métiers liés au théâtre.

Le 05 Octobre 2019        

Source web Par Hespress

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