Étape 5: D'Oulmès à Béni Mellal

Après un Master d'histoire à la Sorbonne et un an d'enseignement dans un lycée au Liban je réalise un vieux rêve en marchant sur les pas de Charles de Foucauld au Maroc. Ce jeune officier français était parti à 24 ans en 1883 pour renseigner la Société de Géographie sur ce pays alors très mal connu. Je suis parti le plus simplement possible en prenant le livre Reconnaissance au Maroc comme guide, pour rencontrer les populations des régions traversées et comparer le Maroc décrit par Foucauld à celui d'aujourd'hui. Ce périple se terminera par la rédaction d'un mémoire et la tenue d'une conférence au siège de la Société de Géographie à Paris. Je partage avec joie ma découverte d'un si grand et beau pays et j'espère autant de belles rencontres, sinon plus, que Foucauld !

 

 

La traversée du plateau d'Oulmès me conduit sur le territoire des chleuh Zaïans dont Charles de Foucauld souligna l'indépendance vis à vis du sultan en 1883. Là encore l'hospitalité que je reçois partout est exceptionnelle. Pendant deux jours je ne rencontre pas un village dans cette campagne verdoyante. À Souk Had je dors chez un ancien chanteur de musique berbère qui me reçoit comme un prince dans sa modeste maison. Un jour il décida subitement de mettre fin à sa vie dissolue et il brûla son "aoud" dans la cheminée.

Le lendemain je quitte ce pays agricole riche où la moindre parcelle qui n'est pas dévolue à l'agriculture l'est aux troupeaux de moutons et de bovins qui abondent. À la sortie d'un petit col sur les derniers reliefs du djebel Zaïans, la petite ville de Sidi Mbarek apparaît et derrière elle,  l'immensité de la plaine du Tâdla.

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Toute cette journée il me faut descendre à travers un relief quasi désertique jusqu'à la vallée de l'oued Grou.

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Sur ses rives il n'y a pas plus de végétation mais les pêcheurs sont nombreux. Jusqu'à Bejaâd les troupeaux se font de plus en plus rares tandis que les cultures réapparaissent au niveau de Gouara Chagram. Bejaâd n'a sans doute plus le prestige spirituel que lui attribuait Charles de Foucauld en 1883 et la prestigieuse famille de Sidi Ben Daoud, descendant de Sidi Bouabid Cherki n'a plus la moindre influence sur cette partie du Maroc, mais la ville demeure un centre culturel reconnu.

L'étape du lendemain jusqu'à Kasba Tâdla est beaucoup plus aisée. Me voici dans le piémont du Moyen Atlas dans cette "contrée enchanteresse" aux "jardins merveilleux" pour laquelle l'explorateur français eut un coup de cœur. À Kasba fichtala je fais la rencontre providentielle de Mustafa qui connaît parfaitement l'histoire de cette ville.

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Léon l'africain avait décrit au XVIe siècle cette cité stratégique  à mi chemin entre Marrakech et Fès. Les ruines de cette place forte sont totalement méconnues des touristes et mériteraient d'être valorisées.

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Je parviens le lendemain à Béni Mellal, ville imposante sertie d'immenses oliveraies qui est ma dernière étape avant de franchir le Moyen-Atlas enneigé.

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Le 15 février 2018

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Étape 5: D'Oulmès à Béni Mellal

La traversée du plateau d'Oulmès me conduit sur le territoire des chleuh Zaïans dont Charles de Foucauld souligna l'indépendance vis à vis du sultan en 1883. Là encore l'hospitalité que je reçois partout est exceptionnelle. Pendant deux jours je ne rencontre pas un village dans cette campagne verdoyante. À Souk Had je dors chez un ancien chanteur de musique berbère qui me reçoit comme un prince dans sa modeste maison. Un jour il décida subitement de mettre fin à sa vie dissolue et il brûla son "aoud" dans la cheminée.

Étape 4: De Fès à Oulmès

Revenu de Taza par le même chemin, Foucauld s'impatientait de nouveau à Fès en attendant d'obtenir les protections suffisantes pour pénétrer dans le territoire des Zemmour. Il fit donc une petite excursion à Sefrou et y passa une nuit. Là encore des maisons avec des balcons donnant sur la rue indiquent la présence d'un quartier juif important. Le Mellah est aujourd'hui en grande partie détruit ou en ruine. Je décide ensuite de traverser la plaine du Saïs en voiture car l'ancien chemin qui reliait Fès à Meknès est devenu un

Etape 3 : sur les pas de Charles de Foucauld De Fès à Taza

La vue du djebel Zalagh m'annonce la fin du Gharb. Je quitte une région agricole opulente où la verdure des jeunes pousses de blé, des champs de bettraves et de tabac cède la place aux pentes arides et parfois sans végétation du massif calcaire qui me sépare de la plaine du Saïs. En suivant le chemin de Foucauld j'aborde le Zalagh sur son flanc ouest c'est alors "qu'apparaît Fâs, émergeant comme une île blanche de la mer sombre de ses immenses jardins" (Reconnaissance au Maroc, par 18).   Je traverse la ville pour gagner

Etape 2 : sur les pas de Charles de Foucauld du Rif à l'ouad Sebou

Charles de Foucauld rejoignit le rabbin Mardochée à Tétouan avant de partir vers Ksar El kébir. Je fais comme eux en faisant du stop sur une large partie de ce chemin qui est devenu une route. Il avait neigé pendant la nuit sur le Djebel Béni Hassan. En marchant dans la direction de l'ouest je rencontre le même paysage décrit par l'explorateur 135 ans auparavant. Sur ma droite les sommets sont couverts de forêts tandis que la plaine, qui s'élargit de plus en plus, est consacrée à la culture du blé. Bientôt je débouche sur u

Etape 1 : sur les pas de Charles de Foucauld, à travers le Rif

À Tetouan le lendemain je visite le mellah (quartier juif) de la ville où Foucauld résida 10 jours. Plus de cinq mille israélites vivaient ici à la fin du XIXe siècle. Charles de Foucauld avait pris leur habit pour son exploration et il reçut toujours auprès de cette communauté l'hospitalité et le soutien nécessaire.  À partir des cartes dressées par l'explorateur français je me dirige vers Chefchaouen à travers les monts du Béni Hassan et le djebel Mezedjel. Le parcours suit essentiellement l'actuelle route