La province Taroudant sud Maroc

La ville de Taroudant

La ville de Taroudant figure parmi les villes les plus importantes de l’histoire du Maroc, puisque elle fut peuplée depuis les plus anciennes époques et elle joua un rôle très important dans l’histoire du Souss et du Maroc en général. Que ce soit pendant la période préislamique ou bien’à travers les différentes étapes de l’histoire du Maghreb musulman.

Et pourtant les historiens ne lui reconnaissent guère cette ancienneté et l’ampleur de son rôle dans l’histoire nationale.

C’est une situation très spéciale qui résulte de l’absence presque absolue de la recherche archéologique. C’est principalement par les conflits politiques et religieux que la ville a traversé pendant sa longue histoire qu’elle se situe depuis l’arrivée des premières troupes de la conquête musulmane jusqu’à l’époque moderne.

Ces conflits furent parmi les causes du désintérêt des historiens vis-à-vis de la ville à l’exception de ceux de l’époque Sâadienne qui représentait l’âge d’or de la ville. On ne peut également pas se réfugier décrrière le manque d’intérêt et des raisons psychologiques qui sont à l’origine de la négligence des Soussis pour cette période de leur histoire.

Profil de l’époque ancienne :

Il est difficile sinon impossible, avec l’absence de recherche archéologique, de préciser la date de la fondation de la ville de Taroudant. Toutefois, nous pouvons certifier qu’elle fait partie des villes les plus anciennes du Maroc. Certains chercheurs situent la date de sa fondation à la période qui précède l’Islam voir même avant J.C. D’autres la situent dans l’ère de l’occupation Romaine de l’Afrique du Nord, c’est à dire entre le premier siècle avant J.C et le cinquième siècle de notre ère. Il est possible également de se référer à quelques hypothèses qui rattachent cette fondation à la présence phénicienne/carthaginoise en Afrique du Nord ou peut-être même avant que leur pouvoir économique (commercial) ait atteint un nombre considérable de centres sur le littoral du Souss. Ils auraient pu ainsi se prolonger jusqu’à des centres internes parmi lesquels Taroudant. Elle aurait ainsi largement participé à ce commerce. En effet, elle se situe au centre de la plaine du Souss et représente le point de rencontre des axes routiers reliant le Nord de l’Atlas au sud du Sahara.

le désaccord des historiens à propos de la date de sa fondation, la plupart d’entre eux approuvent que la ville fût fondée par les Emirs des tribus Hachtouka et Jazoula.

Cette citation d’ Abou lkacem Zayani a été appréciée grâce à ses fondements sur des données historiques.

C’est ainsi que Taroudant, et depuis des siècles avant l’Islam, est restée la capitale des Emirs de Hachtouka et Jazoula et un pôle d’attraction de l’activité politique et commerciale pour les tribus Soussies.

Nous ne connaissons véritablement pas son rôle et cela revient à plusieurs facteurs dont on peut citer :

* Défaut d’extension de l’écriture Amazigh,
* Concentration des relations des commerçants Phéniciens et Carthaginois dans les centres côtiers,
* Absence du pouvoir romain au sud de la ceinture du Limes.

Cette situation n’a pas changé même après l’Islamisation du Maroc puisque les historiens arabes ont négligé d’entamer la période antérieure à l’Islam pour des raisons politiques et religieuses.
Ainsi, en l’absence de la recherche archéologique, la mémoire de Taroudant ne commence qu’avec les troupes de la conquête Islamique sous la direction de Okba bnou nafia.

La Ville de Taroudant et l’ Etat Marocain médiéval :

L’époque des Idrissides :

Moulay Idriss II se soucia depuis sa nomination d’ élargir les frontières de l’Etat qu’il hérita de son père en essayant de dominer le commerce transsaharien en le concentrant sur sa capitale Fès.
Pour cette raison, il dirigea ses assauts militaires au Sud vers le pays des Massmouda depuis 197 H et il finit par le soumettre.

C’est ainsi que Taroudant entra sous le pouvoir des Idrissides sous le règne de Mohamed ben Idris qui désigna son frère Abdallah Ben Idris gouverneur des montagnes des Massmoudas et le Souss.

La ville d’Aghmat fut sa résidence.

Etant sous la direction d’Aghmat, Taroudant perdit son rôle de capitale régionale et de résidence des gouverneurs. Cependant elle conserva son importance commerciale en dominant les axes du commerce de l’or qui reliaient le Maroc à l’Afrique subsaharienne. Cette position explique la préoccupation des Bourghwatas à rétablir leur pouvoir sur Taroudant après plus d’un siècle de pouvoir des Idrissides.

Taroudant revint de nouveau à sa doctrine Kharijite sous le pouvoir des Bourghwatas vers la fin du troisième siècle de l’hégire et jusqu’à la moitié du quatrième où la doctrine chiite s’y propagea avec l’aide et la bénédiction des Fatimides. Peu à peu, la ville se transforma en île chiite au milieu des tribus Sunnites ce qui explique le manque d’informations sur cette ville.

Sous la domination almoravide :

Les tribus soussies, sous l’influence des fkihs sunnites de Jazoula et à leur tête, le cheikh Ouajaj Ibn Zalou Lamti, usèrent de tous les moyens pour confiner leurs ennemis Bajalis chiites à Taroudant.
Quand Abdallah Ibn Yassine Al Jazouli, disciple de Ouajaj Ibn Zallou réussit à unir les tribus de Senhaja dans le cadre du mouvement Almoravide, il arriva avec l’aide de son allié Abou Baker Ibn Omar Lamtouni à soumettre le Tafilalt, puis le Souss, d’autant plus que les religieux le pressaient d’écraser les chiites de Taroudant. Il y parvint en l’an 448 de l’hégire (1056). Ainsi Taroudant redevint sunnite sous l’influence des Almoravides et connut une stabilité politique et un essor économique et urbaniste.
Elle devint aussi un centre administratif qui permit aux Almoravides de contrôler la plaine du Souss et les montagnes de « Darn ». Tamime, fils de Youssef Ibn Tachafine, y fut nommé Wali.
Dés lors, la ville de Taroudant reprit son rôle de carrefour des routes commerciales venant du Sud, ce qui attira des gens d’origines diverses : Andalous, noirs africains...
Sous le règne de Youssef Ibn Tachafine et son fils Ali, elle fut fortifiée par la construction de remparts et la mise en valeur des terres agricoles.
Elle devint aussi une base militaire avancée pour la surveillance des tribus Masmouda du Haut Atlas, lieu de stationnement de l’armée Almoravide qui combattait les adeptes d’ Ibn Toumert au début de l’avènement des Almohades.

Sous les Almohades :

La fin de la dynastie des Almoravides fut une époque de conflits pour la ville de Taroudant. Après la mort d’Ibn Toumart, son successeur, Abdel Moumen Ibn Ali Al Goumi continua sa guerre d’usure contre les forces Almoravides dans le Souss.
Les Almohades réussirent à entrer une première fois à Taroudant en l’an 528 de l’hégire mais ils la prirent définitivement en 535 de l’hégire (1140). Avec la capitulation de Taroudant, toutes les tribus du Souss se soumirent aux Almohades.
En 550 de l’hégire, Abdelmoumen visita Taroudant lors de son voyage dans le Souss. Il choisit cette ville pour rencontrer les délégations des tribus berbères environnantes.
Taroudant, connut par la suite, une stabilité politique et un essor économique. Elle reprit son rôle de capitale administrative du Souss. Les Almohades en firent le lieu de résidence de leurs Walis et une base militaire pour la surveillance de toute la région. Le Wali fut toujours, un membre de la dynastie ou une personnalité dévouée.
Abdel Moumen y désigna même son fils Abdel Rahman. Avec la sécurisation des routes, le commerce se développa, l’agriculture et l’artisanat prospérèrent. La ville laissa une impression favorable à ses visiteurs historiens et grands voyageurs tels Charif AL Idrissi et Ibn Idari.
D’après le professeur Ahmed Bouzid, Taroudant aurait connu un grand essor urbaniste, dont les monuments auraient été détruits lors de la rébellion de Ali Ibn Yeder Zagandari qui occupa la ville de 651 à 665 de l’hégire (1253-1266).

Sous les Mérinides et les Ouatassides :

Les Mérinides prirent la ville en 668 de l’hégire. Ils réussirent à éliminer le rebelle Ibn Yeder, mais sans parvenir à mettre fin à son mouvement de rébellion ce qui nécessite l’envoi d’expédition militaire pour mater la rébellion et assurer la sécurité dans la région du Souss. Ces expéditions étaient dirigées contre les tribus de bani Yeder installés à Taroudant et contre les arabes de Maakil qui contrôlaient les axes routiers. Ce fut le cas des expéditions militaires de 671, 673, 681 et 683 de l’hégire et plus tard en 751 à l’époque su Sultan Abou Al Hassan et de son successeur Abou Inane en 756 qui réussit finalement à s’assurer l’allégeance de Taroudant jusqu’à sa mort en 759 de l’hégire.

Taroudant demeura néanmoins, malgré les troubles de cette période la capitale du Souss sur les plans politique administratif et économique. Elle fut le lieu de résidence du vice roi mérinide ou la capitale de bani Yeder selon les périodes d’influence des uns ou des autres. Ce qui aura des incidences sur le plan urbaniste. Les Mérinides s’attachaient à construire alors que les rebelles s’efforçaient de détruire.

Les Ouattassides ne réussirent pas à étendre leur influence jusqu’au Souss. Ainsi Taroudant demeura depuis la fin de la dynastie Mérinide indépendante de tout pouvoir centralisé.
Mais elle pâtît beaucoup de sa soumission aux tribus arabes qui dominèrent les plaines du Souss et qui imposèrent une dîme aux habitants en contre partie de la sécurisation des routes commerciales.
Il est difficile de dresser un tableau de la situation de la ville de Taroudant pendant cette période caractérisée par des troubles dans la région et dans l’ensemble du pays. Mais on peut admettre que la ville demeura fidèle à son rôle de pôle politique économique et administratif.
Ibn Khaldoun parle du développement de la culture de la canne à sucre, Hassan AL Ouazane (Léon l’Africain) parle de l’essor de l’artisanat et de sa diversité dans la ville qu’il qualifie de « magnifique » et dont les habitants étaient « très civilisés ». La ville, étant indépendante de tout pouvoir centralisé sut se forger un système politique original et élaboré.
Hassan AL Ouazane rapporte que la ville était gouvernée par quatre notables qui se relayaient au pouvoir tout les six mois. Les habitants, ajouta-t-il « étaient pacifiques et ne nuisaient pas à leurs voisins ».
Malgré cela, la ville souffrit de la crise du commerce caravanier occasionnée par le blocus imposé par les portugais sur le littorale Atlantique depuis l’occupation de la ville de Ceuta en 818 de l’hégire (1415) surtout sur les voies commerciales maritimes du Sous (Agadir et Massa).
C’est ce qui amena les tribus du Souss à prêter allégeance aux Saadiens qui prêchaient la guerre sainte contre les occupants étrangers en 916 de l’hégire 1510. Les habitants prêtèrent allégeance aux Saadiens en 920 de l’hégire (1515).
Sous cette dynastie, la ville de Taroudant connaîtra sa période la plus glorieuse. Elle se situera au niveau des pôles qui marquèrent la civilisation Marocaine, à savoir Fès et Marrakech.

TAROUDANT A L’époque contemporaine :

Sous les Saadiens :

En prêtant allégeance aux Saadiens, Taroudant entama son âge d’or. Ce fut en 920 de l’hégire (1515). Elle devint leur première capitale l’émir Mohamed cheikh Saadi procéda à la fortification de la ville et la dota de bâtiments luxueux et on lui attribua la ville. D’ailleurs on l’appela Mohammedia.
On parla beaucoup de cette ville dans les textes des historiens de l’époque, ce qui témoigne de son importance aux yeux des Saadiens et du rôle qu’elle joua pendant cette période historique.
Elle occupa un rôle prépondérant parmi les autres villes Marocaines. Elle fut la première capitale des Saadiens et joua un rôle militaire important. Fortifiée, elle servait à assembler les forces Sadiennes et toutes les potentialités des tribus de leur bord, en vue de lutter contre l’occupation du littoral marocain par les portugais.
Sur le plan économique, elle connut un essor sans précédent. Elle devint le point de transit du commerce caravanier et reçut des commerçants musulmans et européens, surtout des anglais.
Ses produits connurent le succès : ustensiles en cuivre, tissus en laine, articles de cuir et surtout sa production de sucre appréciée par le palais anglais.

Le développement du commerce engendra le succès de l’artisanat local et de l’industrie du sucre basée dans les environs de la ville de Taroudant surtout à Ouled Massoud et à Tazmourt. Un historien souligne en se fondant sur le rapport d’un espion anglais daté du 25 octobre 1596, que l’industrie du sucre rapportait au Sultan Al Mansour plus de 800.000 mitkal par ans.
Parallèlement au développement économique, la ville de Taroudant connut une expansion de l’urbanisme qui la fit doter de bâtiments prestigieux à tel point qu’elle dépassa Fès et Marrakech.
Le développement de la culture et des sciences fut aussi un atout de la ville et jamâa EL Kébir (la grande mosquée ) fut l’une des plus grandes universités de l’époque où les plus grands érudits du XVIe siècle dispensèrent leurs sciences.
Citons parmi eux Saïd Ibn Ali AL Houzali, Abderhman Ibn Amrou AL Baakili, Aïssa Ibn Abderhman Souktani…
Ainsi au XVIe siècle, la ville de Taroudant connut la gloire et atteignit son apogée. Mais au siècle suivant, elle fut frappée par une épidémie qui décima ses habitants. Le Sultan Ahmed AL Mansour, lui même, en périt en 1012 de l’Hégire 1603. La plupart des survivants fuirent et la ville fut abandonnée. Ce fut le début du déclin pour la dynastie des Saadiens. Les descendants d’Ahmed AL Mansour se disputèrent le trône et le Maroc se subdivisa en deux royaumes dont les capitales furent Fès et Marrakech.
Au sein du royaume de Marrakech, Taroudant jouit d’une place de choix. Elle fut le refuge du Sultan Zaydan Ibn AL Mansour. Par la suite, elle connut une période d’indépendance.

Taroudant et l’éclatement du royaume :

Taroudant demeura fidèle au Sultan Saâdien Zaydan. Il s’y réfugia après sa défaite contre les turcs d’Algérie en 1604. Il y revint pour rassembler ses forces et se réorganiser en 1607 après sa défaite contre les forces de son neveu Abdallah Ibn Al Mamoun à Marrakech. Il y retourna encore en 1613 quand il fut chassé de Marrakech par le rebelle Ibn Abou Mahali. Il trouva refuge à Taroudant pour mettre ses femmes et sa fortune en sécurité.
Ce fut grâce aux habitants de Taroudant et aux tribus environnantes mobilisés derrière le cheïkh Abou Zakaria Yahya AL Hahi que cette rébellion fut matée et le Sultan remit sur son trône. Mais un désaccord entre le cheikh et le Sultan amena le cheikh à se rebeller à son tour et à se proclamer Emir de la ville de Taroudant et de ses environs. Ainsi l’émirat des Hahis vit le jour en 1613 et dura jusqu’à 1629. Son fondateur Yahia Ibn Abdallah essaya jusqu’à sa mort en 1626 d’élargir sa zone d’influence au dépend du Sultan Zydane de Marrakech et de Abou hassoune Semlali de la région d’Iligh.
Durant son époque, l’émirat de Taroudant connut une stabilité et une floraison intellectuelle vu que Yahia était un érudit en religion et un soufi notoire qui avait pour principe de favoriser le bien au dépend du mal selon les préceptes de la charia.
Son rivale l’émir d’Iligh, Abou Hassoun Semlali attendait l’occasion propice pour étendre son influence sur Taroudant. Mais il dut attendre la mort de Yahia et ne réussit à soumettre la ville qu’en 1629. Il fut tyrannique et les roudanis souffrirent des pratiques de ses Walis.
En 1670, Moulay Rachid mit fin à leur pouvoir en détruisant Iligh leur capitale. Ainsi, Taroudant passa sous l’influence de la dynastie des Alaouites.

Taroudant sous les Alaouites :

Elle fut le lieu de résidence du khalifa du Sultan qui appartenait à la famille des Alaouites. Mais, comme la ville avait de grandes ressources économiques et qu’elle jouissait d’une situation stratégique entre le grand Atlas et l’anti-Atlas, le Wali était parfois tenté de proclamer son indépendance vis-à-vis du pouvoir central.

En 1685, le Sultan Moulay Ismael assiégea la ville pour combattre son frère Moulay AL Harane et son neveu Moulay Ahmed qui s’étaient installés à Taroudant en accaparant la riche région du Souss. Il mit fin à cette rébellion en 1687.
Moulay Mohamed Al Alim fut nommé Wali par son père le Sultan Moulay Ismaël. La ville retrouva sa stabilité et son activité intellectuelle et littéraire reprit de plus belle. Mais en 1702, il se rebella contre son père qui envoya son autre fils Moulay Zidane reprendre la ville. Après trois ans de siège et de combats, les rebelles capitulèrent.

Moulay Abdelamlek fut nommé Wali en 1721. Il y demeura jusqu’au décès de son père et fut proclamé Sultan du Maroc après l’éviction de son frère Ahmed Addahabi par l’armée des Boukharis.
Après une période de troubles qui suivit la mort de Moulay Ismaël, Moulay Mohamed Ibn Abdallah conquit le Souss et prit Taroudant comme base militaire. Il y nomma ses proches parmi lesquels son fils Moulay Abdessalam en 1785.
Ainsi, Taroudant fut le long de cette période, la résidence des pachats, des caïds qui représentaient le pouvoir central du Souss. Et pourtant, elle avait beaucoup perdu de ses rôles et de son charme à cause des guerres et des conflits surtout pendant le 17ème et le 18ème siècle ce qui entraîna la destruction des bases de son opulence économique et précisément l’industrie des sucreries.
Dés lors, la fortune de Taroudant ne se bâtissait plus que sur l’agriculture concentrée sur l’olivier qui représentait la source des richesses pour les Roudanis sans oublier ses artisans qui firent preuve de leur talent et de leur habileté soit dans l’industrie textile, la tannerie ou l’industrie du cuir malgré la concurrence des produits Européens.
Elmokhtar Soussi décerna dans son encyclopédie « khilala Jazoula » la liste des Caïds qui gouvernaient Taroudant avant le Protectorat. Parmi eux, on peut citer : Elcaïd Mohamed Yahya Aghnaj qui restait à Taroudant jusqu’à 1821, puis Elcaïd Hoummad Boumehdi Alhouari dont le pouvoir se propageait de Taroudant et d’Agadir jusqu’à Souktana et Oued Noun.
Taroudant est aussi reconnut, par la présence et activités de plusieurs d ces Caïds dont les plus célèbres furent - le Pacha Mohamed Ben Bouchta Iben Elbaghdadi qui fut, plus tard, célèbre à Fès,
- le célèbre Pâcha Hammou qui y était décédé en 1900,
- le Pâcha Elkabba qui se révolta sur l’autorité de Hida Muess. Ce dernier gouverna de nouveau après la défaite d’Ahmed El hiba devant l’armée Française.
Taroudant vécut des moments très difficiles sous l’autorité des officiers des affaires indigènes qui représentaient le protectorat.
Devant la prise de conscience nationaliste, des Jeunes Roudanis rejoignaient le parti de « l’istiklal » (le parti de l’indépendance). Le mouvement national connut, pendant les années cinquante, un tournant et opta pour la résistance armée. Parmi les leaders de cette résistance on peut citer : Moulay H’fid Elouatir, Si Mohamed ben Ibrahim Bourhan- Eddine, Elhaj Hassan Loudaïi, Moulay Rachid Semlali, Elhaj Mahfoud Sidki, ...
Après l’indépendance, ils eurent une participation très active à la vie politique et ils présentèrent beaucoup de sacrifices qui contribuaient au grand changement démocratique que connaît le Maroc contemporain.

Taroudant et l'époque de la conquête de l'Islam

Nous ne connaissons pas tous les détails sur la ville de Taroudant avant la conquête de l’Islam, mais nous percevons tout de même à travers la narration des historiens qui atteste qu’elle fut un centre pour les autorités locales qui gouvernaient les tribus du Souss puisque les conquérants devaient soumettre les berbères et dominer leurs territoires. Cependant cette obscurité commença à se dissiper avec la conquête de l’Islam à Taroudant sous la direction de Okba bnou nafia. En l’an 62 de l’Hégire. et lorsque Obaid Allah ben Lhabhab se chargea des affaires du Maroc en 114 H, il nomma son fils Ismaïl gouverneur du Souss qui résida à Taroudant.

A travers les nouvelles de la conquête islamique du Souss se justifie le rôle de Taroudant comme capitale de la région, lieu de rencontre de ses tribus et résidence de ses gouverneurs. Ainsi elle persista dans son rôle comme centre administratif et pôle d’attraction pour toutes les activités dans cette région. Toutefois ces nouvelles attestaient que les conquérants maltraitèrent les Amazighes en les dépossédant de leurs femmes et de leurs biens et ce fut la cause principale qui incita Taroudant à la révolte Kharijite sous la présidence de Maissara al matghari en (121H/739). Les nouvelles de cette révolte certifiaient à nouveau la position stratégique de la ville de Taroudant et son importance pour la maîtrise du Souss et la domination de ses tribus. Aussitôt après leur réussite dans la soumission de Tanger et la liquidation de son gouverneur Oumayade Omar Ben Oubaïdallah Elmouradi, les révoltés se précipitèrent sur le Souss et s’emparèrent de la ville de Taroudant après avoir tué le gouverneur Ismail ben Oubaidallah Almoradi.

Dès lors,Taroudant ne dépendait plus du pouvoir des Khalifes musulmans en Orient.
Ainsi, l’imprécision et la confusion règnent sur les nouvelles de Taroudant surtout après que le pouvoir des Bourghouatas s’y installa grâce à leur Emir Elias ben Salah. (128/176 H).
Par habitude, les historiens officiels renoncent à tout ce qui se rapporte aux révoltés et aux opposants de l’état duquel ils dépendent et n’intègrent de nouvelles informations dans l’histoire que par nécessité mais avec beaucoup de déformations et des prises de position sans objectivité.

Taskiwine :

C’est une forme particulière de danse répandue dans le Haut-Atlas Occidental. Elle est pratiquée par toutes les tribus de cette aire géographique de l'Atlas marocain. La danse Taskiwine tire son nom de la corne à poudre richement décorée que porte chaque danseur fixée sur l'épaule gauche, Tiskt (pluriel : Taskiwin ). La danse de Taskiwin nécessite la participation d’une vingtaine d’hommes. La danse évolue sous forme d'une présentation théâtrale; chaque acte de la danse restitue un épisode guerrier que ce soit par les gestes ou par les rythmes adoptés. C'est le flûtier qui commende le passage d'un rythme à l'autre et d'un acte à l'autre sous les directives orchestrales du raïs, le maestro de la danse. C'est une danse essentiellement masculine mais qui comporte parfois, à la fin de la danse, des moments plus détendus où les jeunes filles non encore mariées interviennent pour participer à la danse et aux chants. A ce stade, la danse abandonne l'aspect guerrier pour permettre aux danseurs et aux danseuses de s'exprimer d'une manière joyeuse et non restrictive. La prose devient alors un vecteur d'échange entre les danseurs.

Elle évoquerait par ses rythmes, ses gestes martiaux et ses sons les principes d'héroïsme, de force, de courage, l'épopée de cavalerie et de bravoure.
Elle relate également les différents épisodes d'une guerre d'une manière harmonieuse en insinuant des actes d'anticipation, de prises des positions, d'assaut, de retrait, de victoire, etc.
Les noms de plusieurs actes de la danse se rapportent, en effet, au domaine de la guerre héroïque. La danse de Taskiwin reflète en outre l'importance accordée à la cohésion de la tribu.
Son rythme cadencé rappelle la mise en exergue des valeurs de renoncement à soi-même au profit de la continuité du groupe.
Taskiwine, est l'art de faire vibrer les épaules sous le rythme des tambourins. Les hommes portent leurs cornes à poudre, les bandoulières rouges et évoluent sous les pas cadencés.
Elle est caractérisée par la prégnance du mouvement et de frénésie.