Union européenne. Notes de frais : révélations sur les jets privés de la Commission

Union européenne. Notes de frais : révélations sur les jets privés de la Commission

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, lors d’une conférence de presse à Bruxelles, le 27 juillet 2017. PHOTO AFP ALEXANDROS MICHAILIDIS / SOOC

La Commission européenne a été contrainte de publier une partie des notes de frais engagés pour ses déplacements en 2016. La lumière ainsi faite sur des sommes astronomiques est gênante pour la Commission, et la presse britannique anti-UE n’en fait qu’une bouchée.

Après avoir tergiversé pendant trois ans, la Commission européenne a fini par publier une partie de ses notes de frais pour ses déplacements. La publication fait un tollé : la Commission a dépensé près de 500 000 livres (555 000 euros) pour couvrir les déplacements de ses membres, rien qu’en janvier et février 2016, note The Daily Telegraph.

Ce qui a fait grimper les frais, ce sont les déplacements en jet privé. Ainsi, le président de la Commission, “Jean-Claude Juncker, a dépensé 24 000 livres [26 000 euros] pour un déplacement à Rome”, et Federica Mogherini, vice-présidente de la Commission, “avait fait une note de frais de 67 000 livres pour une visite à Bakou, la capitale de l’Azerbaïdjan”. Et ces coûts ne représentent probablement “que le sommet de l’iceberg, car l’UE refuse toujours de publier les notes de frais sur toute l’année, officiellement parce que la publication représente ‘une tracasserie administrative’”, ajoute le quotidien.

Le journal précise que “le code de conduite de la Commission permet l’utilisation d’avions affrétés s’il n’y a pas de vols commerciaux disponibles, si ceux-ci ne conviennent pas à l’agenda du commissaire ou pour des raisons de sécurité”.

Ce début de transparence s’est fait grâce à Access Info Europe, une ONG qui “défend et promeut l’accès à l’information en Europe”. Sa première demande de publication des notes de frais remonte à mai 2014.

“Jet-set Juncker”

“Ce qui est encore plus inquiétant que les notes de frais en soi, c’est que l’UE ne s’est pas sentie obligée de les publier”, considère le Telegraph dans un éditorial. Et c’est là “le problème fondamental de l’UE”, selon le journal :

L’UE ne comprend pas ce que rendre des comptes veut dire. La raison est évidente : elle n’est pas soumise à la pression démocratique. Les Commissaires européens non élus qui abusent de leurs privilèges n’ont pas à craindre d’être chassés de leur poste par des électeurs en colère.”

L’info tombe mal, surtout compte tenu du Brexit, rappelle le journal : “Ces notes de frais pourraient être politiquement explosives, étant donné que l’UE demande aujourd’hui au Royaume-Uni de lui payer une facture de divorce d’un montant de 50 milliards de livres.” En effet, le scandale risque d’accentuer la réticence britannique à régler la note finale à l’UE lors de son départ du bloc européen. “Pourquoi le Royaume-Uni devrait-il payer cette facture du Brexit, afin que ‘jet-set Juncker’ puisse continuer ses voyages en grande pompe ?” se demande un journaliste du journal.

“Du mépris pour les citoyens”

“Juncker et ses camarades eurocrates non élus n’ont que du mépris pour les simples citoyens européens”, fustige de son côté le Daily Express. Le tabloïd britannique, très anti-UE, souligne que le scandale est double :

Non seulement [la Commission européenne] gaspille l’argent des contribuables pour financer des bureaux chics, des salaires et des retraites exorbitants et des déplacements où toute dépense est permise, mais en plus elle a l’audace de cacher les sommes.”

Le journal en profite pour saluer le Brexit : “Quel soulagement de pouvoir échapper aux griffes de ces bureaucrates avides de pouvoir et de récupérer l’autonomie gouvernementale.”

“Ce qui nous frappe le plus, c’est que la Commission ait publié si peu d’informations”, écrit le Daily Mail. Le tabloïd de droite trouve qu’“elle devrait avoir honte d’argumenter que la publication de davantage d’informations représenterait ‘des tracasseries administratives supplémentaires’. La vérité, c’est que de plus amples révélations ne feraient que souligner l’affligeante réputation de l’UE de gaspiller de l’argent.

Le 10 août 2017

SOURCE WEB Par Courrier International

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