Marche du 20 juillet interdite: le Hirak et les associations défient Laftit

Marche du 20 juillet interdite: le Hirak et les associations défient Laftit

MANIFESTATION - "Nous la maintenons coûte que coûte!". Ils sont unanimes pour rejeter l’interdiction officielle, lundi, de la manifestation du 20 juillet dans la ville d’Al Hoceima. Le mouvement du Rif et les associations qui les soutiennent en font un défi.

"Nous allons participer à cette marche parce que nous la considérons comme légitime, d’autant qu’elle commémore la bataille d’Anoual (juillet 1921). Pour nous, cette marche du 20 juillet sera historique pour tout le Maroc", déclare au HuffPost Maroc, le président de l'Instance nationale de protection des biens publics, l’avocat Mohamed Tarek Sbai. Plaidant la cause du Hirak, ce dernier estime que l’interdiction émise par le département de Abdelouafi Laftit, ministre de l’Intérieur, est une "aberration". "Je défie le ministre de l’Intérieur. Il n’a qu’à nous emprisonner tous!", s’exclame l’avocat qui fait partie du comité de défense des détenus d’Al Hoceima.

Pour lui, l’argument juridique utilisé par les autorités locales pour interdire la marche au nom du non respect des procédures légales en vigueur (Dahir 1.58.377 du 15 novembre 1958 relatif aux rassemblements publics), n’est "qu’un prétexte". "Nous n’avons pas besoin de demander une autorisation d’autant que la marche dénonce les dérives du gouvernement. Cette marche décidée par le Hirak a été annoncée depuis des semaines. Elle n’a pas été décidée hier", rappelle Mohamed Tarek Sbai. Aux yeux de l’avocat, les interpellations des manifestants et la détention de plusieurs d’entre eux n’ont pas réussi à décourager le Hirak. "Ses militants restent fidèles parce qu’ils sont convaincus de la légitimité de leurs droits revendiqués", estime-t-il.

80% des manifestations ne sont pas autorisées

À l’Association démocratique des droits humains (AMDH), l’interdiction de la marche n’est ni plus ni moins qu’"une pression que l’État veut exercer pour décourager les manifestants du Hirak", indique au HuffPost Maroc le président de l’AMDH, Ahmed El Haij. Ce dernier précise que l’association, de par sa mission, se doit de soutenir les citoyens dans leurs revendications sociales. "Par la voie de nos sections dans les régions, nous continuons à soutenir les manifestants, à soutenir leur droit de protester pacifiquement", ajoute-t-il.

L’Organisation démocratique des droits de l’Homme (OMDH), confie pour sa part au HuffPost Maroc son incompréhension quant à l’interdiction de la marche du 20 juillet. "Sur toutes les manifestations organisées au Maroc, chaque année, 80% sont tenues sans aucune autorisation. On ne peut pas justifier cette interdiction, aujourd’hui, sauf s’il y a d’autres arguments qu’on ignore et qui n’ont pas été dits", prévient le président de l’OMDH, Boubker Largo.

L’OMDH, ajoute son président, continuera à accompagner les manifestations du Hirak en tant qu’observateur, sans participer physiquement aux marches ou sit-in. "Nous avons adopté cette approche objective, depuis le déclenchement du mouvement du 20 février, afin de mieux protéger les droits des manifestants et les biens, mais aussi pour dénoncer les dérives de part et d’autre", précise-t-il.

Les membres du Hirak ainsi que les comités locaux qui les soutiennent ne renoncent pas à la marche du 20 juillet. Et pour cause: "Nous n’avons jamais demandé ou obtenu d’autorisation pour tenir nos manifestations. Cela fait 8 mois que nous manifestons sans en aviser les autorités", nous confie un membre du Hirak, pour qui interdiction, ou non, le mouvement de protestation se poursuivra comme d’habitude. Avec ou sans autorisation.

Le 18  Juillet 2017

SOURCE WEB Par huffpostmaghreb

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